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L’avis de l’EFSA sur la berbérine : où en est-on ?

Par La rédaction de Berbérine.fr · Dernière vérification :

Sommaire

L’évaluation de la berbérine par l’EFSA est, à ce jour, à l’état de projet. En janvier 2026, le groupe scientifique de l’agence a adopté un projet d’avis qui conclut qu’aucune dose journalière sûre n’a pu être établie. Cette page explique ce qu’est ce document, où en est la procédure, et ce qu’il ne décide pas encore.

À savoir avant de lire. Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne, et l’EFSA n’a pas pu établir de dose journalière sûre. Si vous suivez un traitement, si vous êtes enceinte ou diabétique : parlez-en à un professionnel de santé avant tout usage.

Cette page s’appuie sur 11 sources, toutes ouvertes et vérifiées les 12 et 13 août 2026, et toutes issues d’une autorité publique ou d’un texte réglementaire.

En bref

  • En janvier 2026, l’EFSA a adopté un projet d’avis sur la berbérine, encore provisoire.
  • Ce projet conclut qu’aucune dose journalière sûre n’a pu être établie.
  • Un projet d’avis n’est pas une décision : la consultation est close, l’avis final est attendu.

Où en est l’évaluation de l’EFSA aujourd’hui ?

L’évaluation en est au stade du projet d’avis, adopté mais pas encore définitif. Le 29 janvier 2026, le groupe scientifique NDA de l’EFSA a adopté un projet d’avis sur la sécurité des préparations végétales contenant de la berbérine. Ce texte a ensuite été soumis à une consultation publique, aujourd’hui close.

Cette évaluation porte sur les préparations végétales, c’est-à-dire les extraits et poudres de plantes utilisés dans les compléments. Elle ne vise pas un médicament, mais des ingrédients vendus comme aliments. Son objet est de savoir si un niveau d’apport sans risque peut être défini pour ces préparations.

Ces préparations proviennent de plusieurs plantes à berbérine, dont la teneur varie d’un extrait à l’autre.

Cette évaluation s’inscrit dans un examen plus large des préparations de plantes menées par l’EFSA. La berbérine en est un cas parmi d’autres, mais son usage répandu dans les compléments lui donne un poids particulier.

La prochaine étape est la publication d’un avis final. L’EFSA doit d’abord examiner les commentaires et les données reçus pendant la consultation. L’avis définitif peut confirmer le projet, mais aussi le nuancer ou le corriger. Tant qu’il n’est pas publié, la conclusion reste provisoire.

Cette prudence a une raison simple. Un avis final engage l’EFSA et sert de base aux décisions publiques. L’agence prend donc le temps de vérifier chaque élément avant de conclure. Une version provisoire peut encore bouger sur des points importants.

Qu’est-ce qu’un projet d’avis de l’EFSA ?

Un projet d’avis est un texte de travail scientifique, pas une décision réglementaire. L’EFSA est une agence d’évaluation : elle analyse les risques et rend des avis, mais elle n’interdit ni n’autorise aucun produit. Ce rôle revient à la Commission européenne et aux États membres.

Le mot « projet » a donc une portée précise. Il désigne une version soumise à l’avis des parties intéressées avant d’être finalisée. C’est un cas d’école de l’écart labo-flacon appliqué au droit : une étape scientifique n’est pas encore une règle applicable au flacon vendu en magasin.

Cette phase de consultation n’est pas une simple formalité. Elle permet aux entreprises, aux scientifiques et aux autorités nationales d’apporter des données que l’agence n’aurait pas encore examinées. L’EFSA doit ensuite tenir compte des contributions reçues avant de finaliser son texte.

Cette évaluation n’est pas née d’une initiative spontanée de l’agence. Elle relève de l’article 8 du règlement (CE) n° 1925/2006, le texte qui permet de placer une substance sous surveillance lorsqu’un doute de sécurité apparaît.

Ce détail éclaire la portée de l’avis. La question posée à l’EFSA porte sur la sécurité d’emploi, pas sur un bénéfice : le cadre juridique lui-même exclut la question de l’efficacité.

Le groupe qui rend cet avis réunit des experts indépendants. Ils évaluent les données selon des méthodes définies, sans lien avec les entreprises concernées. C’est cette indépendance qui donne son poids à l’avis, même provisoire.

À ne pas confondre : projet d’avis et décision

Un projet d’avis n’est pas une interdiction. Le premier est une évaluation scientifique en cours ; la seconde serait une mesure juridique prise par le législateur. Entre les deux, il y a l’avis final, puis d’éventuelles décisions de la Commission et des États membres. À ce jour, aucune de ces décisions n’a été prise.

Infographie : qui décide ? L’EFSA évalue et rend un avis, puis la Commission européenne et les États membres décident des règles — un avis n’est pas une décision

Le déroulement de l’évaluation

L’évaluation a suivi les étapes habituelles d’une expertise européenne, échelonnées sur plusieurs années. Le tableau ci-dessous en résume la chronologie, telle que l’EFSA la documente.

ÉtapeDateCe qui s’est passé
Appel à données2023L’EFSA collecte les études disponibles
Adoption du projet d’avis29 janvier 2026Le groupe scientifique NDA endosse le texte
Consultation publique3 mars – 11 mai 2026Les parties intéressées transmettent commentaires et données
Avis finalattenduL’EFSA publie sa conclusion définitive

En 2023, l’EFSA avait lancé un appel à données pour préparer cette évaluation. Cet appel visait à rassembler les études de toxicité, les niveaux de consommation et les analyses de composition disponibles. Il ouvre l’expertise en donnant à chacun la possibilité de verser ses éléments au dossier.

Le groupe scientifique a ensuite adopté le projet d’avis le 29 janvier 2026. La consultation publique s’est déroulée du 3 mars au 11 mai 2026, la date limite ayant été prolongée de sept jours ; elle est aujourd’hui close. Au printemps 2026, l’EFSA a aussi présenté son projet aux opérateurs du secteur lors d’une réunion dédiée. L’avis final n’a pas encore été publié.

Ces réunions avec les entreprises ont un but précis. Elles servent à expliquer la méthode suivie et à recueillir des observations avant l’avis final. L’agence n’y annonce pas de décision : elle présente son analyse et écoute les retours.

Toute la démarche est publique. Le projet, les présentations aux opérateurs et les modalités de consultation sont accessibles sur le site de l’EFSA. Cette transparence permet de vérifier ce que l’avis dit, et ce qu’il ne dit pas.

Cette procédure explique aussi la durée de l’évaluation. Rassembler les données, les analyser, puis consulter demande du temps. Chaque étape est documentée, ce qui permet de suivre l’avancement sans confondre une étape de travail avec une conclusion.

Pour suivre le dossier, la meilleure source reste l’EFSA elle-même. L’agence publie ses avis et met à jour l’état de ses évaluations. Les résumés de presse, eux, simplifient parfois à l’excès.

Qu’a conclu l’EFSA à ce stade ?

Le projet d’avis conclut qu’aucune dose journalière sûre n’a pu être établie pour les préparations végétales contenant de la berbérine. Autrement dit, les données disponibles n’ont pas permis de fixer un seuil considéré comme sans risque. Cette conclusion vaut pour les préparations évaluées, pas pour une molécule isolée.

Plusieurs motifs sous-tendent cette conclusion. Le projet d’avis relève des indications de génotoxicité de la berbérine observées in vitro, c’est-à-dire une capacité possible à endommager l’ADN en laboratoire. Ce signal, détaillé sur la page consacrée à la génotoxicité de la berbérine, reste à confirmer sur un organisme entier.

Un signal observé en laboratoire ne se transpose pas tel quel à une personne. Il justifie la prudence et de nouvelles études, sans démontrer à lui seul un risque pour un consommateur. C’est aussi pour cela que la conclusion reste prudente et provisoire.

Le projet pointe enfin des lacunes dans les données. Parmi elles figure l’absence d’une étude de toxicité à doses répétées portant sur la berbérine seule. Sans ces éléments, l’agence ne peut ni écarter certains risques ni fixer un seuil sûr.

La conclusion vise les préparations de plantes, pas une seule molécule. La berbérine appartient à une famille de substances proches, les protoberbérines, décrites sur la page qu’est-ce que la berbérine ?. Le projet d’avis s’interroge aussi sur la sécurité de ces composés apparentés, ce qui élargit le champ de l’évaluation.

« Aucune dose sûre » ne signifie pas « dose dangereuse à coup sûr ». La formule décrit une limite des connaissances : les données ne suffisent pas pour garantir un seuil sans risque. C’est une conclusion prudente, qui appelle des études complémentaires plutôt qu’une alarme.

Cette nuance compte pour le lecteur. Elle distingue un risque démontré d’une incertitude scientifique. L’évaluation ne dit pas que la berbérine est dangereuse ; elle dit que les données manquent pour garantir sa sécurité à un niveau donné. Pour certaines plantes, le projet est plus précis et signale des préoccupations propres à l’espèce.

Les suites réglementaires possibles

Après l’avis final, la décision appartient aux autorités politiques, pas à l’EFSA. Une fois l’avis publié, la Commission européenne et les États membres peuvent en tirer des conséquences réglementaires. Celles-ci vont de nouvelles mentions d’étiquetage, encadrées par le règlement européen sur l’information des consommateurs, à une restriction d’emploi.

Concrètement, plusieurs suites sont possibles :

  • de nouvelles mentions d’étiquetage ;
  • une teneur maximale par jour ;
  • une restriction à certains publics ;
  • le maintien du cadre actuel.

La distinction entre préparation végétale et molécule isolée a aussi une portée juridique. Une berbérine purifiée pourrait relever du règlement sur les nouveaux aliments, un régime distinct de celui des préparations de plantes. L’évaluation en cours porte, elle, sur les préparations végétales telles qu’elles sont consommées.

Rien de tel n’est décidé aujourd’hui. Les compléments à base de plantes contenant de la berbérine restent commercialisés en France, dans le cadre existant. Cette situation vaut tant que l’avis final n’a pas conduit la Commission ou les États membres à adopter une mesure nouvelle. La page dédiée à la réglementation de la berbérine en résume les règles actuelles.

Un point ne dépend pas de l’issue de l’avis. En France, l’ANSES, l’agence de sécurité sanitaire, avait déjà appelé à la vigilance sur ces plantes dans un avis de 2019. Elle déconseille ces compléments aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants et adolescents, ainsi qu’aux personnes diabétiques ou atteintes de troubles hépatiques ou cardiaques. La sécurité de la berbérine détaille ces groupes.

Aucune allégation de santé n’est par ailleurs autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne, indépendamment de la procédure de l’EFSA. Une conclusion provisoire n’est donc ni un feu vert ni une interdiction. Elle indique surtout que les autorités examinent la sécurité de ces préparations, et que le cadre peut évoluer. L’essentiel de ce qu’il faut vérifier avant d’acheter de la berbérine est réuni sur ce site.

En attendant, le dispositif de nutrivigilance reste actif. Il permet à chacun de signaler un effet indésirable lié à un complément, y compris à base de berbérine. Ces signalements alimentent les données que les autorités examinent.

En France, l’ANSES reste l’interlocuteur pour la sécurité des compléments. Les règles d’étiquetage, elles, encadrent déjà ce qu’une marque peut écrire : la page sur les formes et les étiquettes de la berbérine en détaille la lecture.

Pour un lecteur, la meilleure lecture est donc mesurée. Une évaluation en cours n’est pas un motif de panique, mais elle invite à la prudence. Elle rappelle surtout qu’une substance d’origine végétale n’est pas, par principe, sans risque.

Le calendrier de l’avis final n’est pas fixé d’avance. Une évaluation peut être prolongée si de nouvelles données arrivent. C’est pourquoi cette page porte une date de dernière vérification : le statut de ce dossier peut changer d’un mois à l’autre.

Questions fréquentes

Les réponses ci-dessous reprennent les questions les plus courantes sur l’état de cette évaluation.

Comment cette page a-t-elle été rédigée ?

  • Rédaction : La rédaction de Berbérine.fr
  • Relecture : Comité de relecture éditoriale (vérification des sources et de la conformité)
  • Dernière vérification : 12 août 2026
  • Sources : voir la liste ci-dessous

Ces réponses ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. Ce contenu est informatif et ne constitue pas un avis médical. Si vous suivez un traitement, si vous êtes enceinte ou diabétique, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant tout usage.

Sources

  1. DRAFT Scientific Opinion on the safety of plant preparations containing berberine (EFSA-Q-2022-00803)

    EFSA — Panel on Nutrition, Novel Foods and Food Allergens (NDA)AutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  2. Call for data: scientific opinion on the evaluation of the safety of plant preparations containing berberine

    EFSAAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  3. Draft opinion on plant preparations containing berberine — présentation aux opérateurs, 22 avril 2026

    EFSAAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  4. Targeted stakeholder meeting on EFSA’s draft opinion on plant preparations containing berberine

    EFSAAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  5. AVIS relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine (saisine n° 2018-SA-0095)

    ANSESAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  6. Règlement (CE) n° 1925/2006 concernant l’adjonction de vitamines, de minéraux et de certaines autres substances aux denrées alimentaires

    EUR-Lex — Union européenneAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  7. Règlement (CE) n° 1924/2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé

    EUR-Lex — Union européenneAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  8. Règlement (UE) 2015/2283 relatif aux nouveaux aliments

    Office des publications de l’Union européenneAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  9. Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires (INCO)

    Office des publications de l’Union européenneAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  10. Avis de l’Anses relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine

    ANSESAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  11. Règlement (UE) n° 432/2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées

    Office des publications de l’Union européenneAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le