P-glycoprotéine : la pompe cellulaire et la berbérine

Par La rédaction de Berbérine.fr · Dernière vérification :

Sommaire

La P-glycoprotéine est une « pompe » présente dans la membrane des cellules, qui rejette certaines substances vers l’extérieur. Ce mot revient au sujet de la berbérine parce que cette pompe limite la part de berbérine que l’intestin absorbe. La berbérine agit aussi sur elle, ce qui ouvre une voie d’interaction avec des médicaments. Comprendre ce terme vous aide à lire pourquoi les agences recommandent la prudence.

En bref

  • La P-glycoprotéine est une pompe des cellules qui en rejette certaines substances vers l’extérieur.
  • Elle limite la part de berbérine que l’intestin absorbe, ce qui abaisse son passage dans le sang.
  • La berbérine agit sur cette pompe, une voie d’interaction avec plusieurs médicaments.

Qu’est-ce que la P-glycoprotéine ?

La P-glycoprotéine est une protéine de transport logée dans la membrane des cellules. Son rôle est de rejeter vers l’extérieur des molécules déjà entrées dans la cellule. On la trouve surtout dans la paroi de l’intestin, dans le foie et dans les reins. Elle agit comme une pompe de sortie : ce qu’elle reconnaît, elle le renvoie dehors.

Cette page s’appuie sur cinq sources, toutes ouvertes et vérifiées le 12 août 2026. Une émane d’une autorité sanitaire, trois d’une revue à comité de lecture et une d’un organisme de référence.

Cette pompe protège en partie l’organisme, car elle freine l’entrée de substances étrangères. Mais elle décide aussi de la quantité d’un médicament ou d’un complément qui atteint le sang.

La P-glycoprotéine et l’absorption de la berbérine

La berbérine est un substrat de cette pompe : la P-glycoprotéine la reconnaît et la renvoie vers l’intestin. Une partie de la berbérine avalée ressort donc des cellules avant d’avoir traversé la paroi intestinale. La berbérine (PubChem CID 2353) est justement l’une des molécules que cette pompe reconnaît.

Cette sortie répétée réduit la quantité qui atteint le sang. Elle explique donc en partie pourquoi la biodisponibilité de la berbérine reste très basse. Le corps élimine ainsi une large part de la dose avant qu’elle n’agisse.

À ne pas confondre : P-glycoprotéine et CYP3A4

À ne pas confondre : la P-glycoprotéine n’est pas le CYP3A4. Les deux entrent en jeu quand la berbérine rencontre un médicament, mais ils n’ont pas le même rôle. La P-glycoprotéine est une pompe : elle déplace des molécules d’un côté à l’autre de la membrane, sans les transformer. Le CYP3A4 est une enzyme : il découpe les molécules pour que le corps puisse les éliminer.

La berbérine ralentit aussi le CYP3A4, l’enzyme du foie qui décompose de nombreux médicaments. Elle agit donc sur deux voies à la fois, la pompe et l’enzyme. C’est pour cela qu’une seule substance peut modifier l’effet d’un grand nombre de traitements.

Pourquoi la P-glycoprotéine compte-t-elle pour la sécurité ?

La P-glycoprotéine compte pour la sécurité parce que la berbérine ne fait pas que la subir : elle la freine aussi. Chez le rat, la berbérine a inhibé la P-glycoprotéine de l’intestin et augmenté l’absorption de médicaments-tests comme la digoxine et la ciclosporine. Ce résultat obtenu chez le rat ne se transpose pas directement à l’humain. Quand cette pompe est freinée, un médicament qu’elle évacuait d’habitude peut s’accumuler davantage.

Cet effet illustre pourquoi une substance végétale peut peser sur un traitement. L’ANSES a évalué la sécurité des plantes contenant de la berbérine et déconseille ces compléments à plusieurs groupes de personnes. La liste des groupes de médicaments concernés figure sur la page des interactions médicamenteuses de la berbérine.

Ce terme prend tout son sens une fois replacé dans l’ensemble du sujet. Le vocabulaire de la berbérine rassemble les notions voisines. La page d’accueil, elle, résume ce qu’il faut vérifier avant d’acheter de la berbérine.

Questions fréquentes

Vous trouverez ici les réponses courtes aux questions les plus posées sur la P-glycoprotéine.

Qu’est-ce que la P-glycoprotéine ? La P-glycoprotéine est une pompe des cellules qui renvoie certaines molécules vers l’extérieur. Son intérêt ici est simple : elle décide d’une partie de ce qui entre dans le sang, dont la berbérine. C’est une protéine de transport, pas une enzyme.

La P-glycoprotéine agit-elle sur la berbérine ? Oui. La berbérine est reconnue par cette pompe, qui la renvoie vers l’intestin. Cette sortie réduit la part de berbérine réellement absorbée, ce qui explique en partie pourquoi son passage dans le sang est très bas.

La P-glycoprotéine explique-t-elle les interactions de la berbérine ? En partie : chez le rat, la berbérine a freiné cette pompe et modifié l’absorption d’autres médicaments. C’est une des voies d’interaction. La liste des médicaments concernés relève d’une page de sécurité, pas de cette définition.

L’écart labo-flacon

  • Ce que l’étude a mesuré : chez l’animal, une modification de l’absorption de médicaments via la P-glycoprotéine.
  • Ce que le flacon contient : un extrait dont la teneur et l’effet réel sur la pompe chez l’humain ne sont pas garantis.
  • Ce qui reste inconnu : l’ampleur de cette interaction chez une personne qui prend un traitement.

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  • Rédaction : La rédaction de Berbérine.fr
  • Relecture : Comité de relecture éditoriale (vérification des sources et de la conformité)
  • Dernière vérification : 12 août 2026
  • Sources : voir la liste ci-dessous

L’ANSES déconseille les compléments à base de berbérine aux enfants et adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes, ainsi qu’aux personnes diabétiques ou atteintes de troubles hépatiques ou cardiaques. Si vous suivez un traitement, parlez-en à votre médecin avant tout usage : la berbérine interagit avec de nombreux médicaments.

Sources

  1. Approaching strategy to increase the oral bioavailability of berberine — part 1: physicochemical and pharmacokinetic properties

    PubMed — NCBIÉtudeNiveau de preuve B

    Publié le · Consulté le

  2. Qiu W, Jiang XH, Liu CX, et al. Effect of berberine on the pharmacokinetics of substrates of CYP3A and P-gp

    Phytotherapy ResearchÉtudeNiveau de preuve B

    Publié le · Consulté le

  3. Effects of Berberis vulgaris, and its active constituent berberine on cytochrome P450: a review

    Naunyn-Schmiedeberg’s Archives of Pharmacology (Springer)ÉtudeNiveau de preuve B

    Publié le · Consulté le

  4. AVIS relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine (saisine n° 2018-SA-0095)

    ANSESAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  5. Berberine (CID 2353)

    PubChem — NCBINiveau de preuve C

    Publié le · Consulté le