Épine-vinette (Berberis vulgaris) : la plante et sa teneur
Par La rédaction de Berbérine.fr · Dernière vérification :
Sommaire
L’épine-vinette est un arbuste européen. Les étiquettes de compléments la citent souvent sous son nom latin, Berberis vulgaris. C’est l’une des plantes qui contiennent de la berbérine. Cette page décrit ce que la plante est, ce qu’une analyse y a mesuré et quel statut elle a en France.
Elle ne lui prête aucun effet.
À savoir avant de lire. Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne, et l’EFSA n’a pas pu établir de dose journalière sûre. Si vous suivez un traitement, si vous êtes enceinte ou diabétique : parlez-en à un professionnel de santé avant tout usage.
En bref
- L’épine-vinette est un arbuste européen dont l’écorce et les racines contiennent de la berbérine.
- Une analyse de 2024 y mesure environ 10,2 mg de berbérine par gramme d’extrait.
- La plante n’est pas la molécule : un étiquetage qui la nomme ne dit pas la quantité.
Qu’est-ce que l’épine-vinette ?
L’épine-vinette est un arbuste épineux d’Europe, aux baies rouges allongées et au bois jaune. Ce sont l’écorce et les racines qui intéressent les fabricants de compléments, car c’est là que la berbérine se concentre. Les baies relèvent d’un usage alimentaire distinct de celui des compléments. La berbérine (PubChem CID 2353) est la molécule recherchée dans cette plante.
Cette page s’appuie sur neuf sources, toutes ouvertes et vérifiées le 13 août 2026. Six émanent d’une autorité sanitaire ou réglementaire, deux d’une revue à comité de lecture et une d’une base de données publique.
Le nom latin sert de repère fiable là où les noms courants varient. « Épine-vinette », « berbéris commun » et Berberis vulgaris désignent la même espèce. Seul le nom latin identifie précisément ce que vous achetez.
À ne pas confondre : la plante et la molécule
À ne pas confondre : l’épine-vinette est une plante, la berbérine est une molécule qu’elle contient. Un emballage qui affiche « épine-vinette » vous informe sur l’origine végétale, pas sur la quantité de molécule présente dans la gélule.
Cette distinction n’est pas théorique. Deux produits nommant la même plante peuvent apporter des quantités très différentes, selon la partie utilisée et le procédé d’extraction.
La teneur mesurée dans un extrait
Une analyse de 2024 mesure environ 10,2 mg de berbérine par gramme d’extrait de Berberis vulgaris. Ce chiffre porte sur une préparation précise : un extrait éthanolique obtenu au laboratoire à partir d’écorce fraîche, à raison d’un gramme de matière végétale par millilitre.
Il ne décrit donc pas ce que contient un produit du commerce. Les compléments vendus en France reposent le plus souvent sur des extraits standardisés : l’ANSES cite par exemple un extrait de racine concentré à 80 % de berbérine. Retenir ce chiffre comme « la teneur de l’épine-vinette » serait une erreur de lecture.
Le même extrait contient aussi d’autres alcaloïdes, dont la jatrorrhizine. La plante n’apporte donc jamais la berbérine seule, mais un mélange dont la composition varie. La page sur les alcaloïdes de la berbérine détaille cette famille de molécules voisines.
Ce mélange explique pourquoi une teneur annoncée reste une information partielle. Elle décrit la molécule principale, sans dire ce que les autres alcaloïdes représentent dans la même préparation.
Pour un acheteur, la conséquence est concrète. Deux extraits affichant une teneur comparable en berbérine peuvent avoir un profil global différent, et rien sur l’emballage ne le signale.
Pourquoi la partie de la plante compte
La même analyse distingue aussi racine, tige et feuille par leur profil. Les parties d’une même plante ne se ressemblent donc pas sur le plan chimique, et une préparation faite à partir de l’une ne vaut pas l’autre.
Une analyse de 2023 portant sur des Berberis indiens a pu distinguer les espèces entre elles par leur profil chromatographique. Deux espèces du même genre ne sont donc pas interchangeables, même si les étiquettes les présentent parfois comme équivalentes.
| Ce que l’étiquette indique | Ce que cela vous dit |
|---|---|
| le nom latin de l’espèce | quelle plante précise a été utilisée |
| la partie de la plante | racine, tige ou écorce — les profils diffèrent |
| un extrait titré à X % | la teneur mesurée dans cet extrait |
| le seul nom courant | rien de vérifiable sur l’espèce exacte |
À ne pas confondre : Berberis vulgaris et Berberis aristata
À ne pas confondre : Berberis vulgaris et Berberis aristata sont deux espèces distinctes du même genre. La première est européenne, la seconde vient principalement du sous-continent indien, où elle est connue sous le nom de daruharidra dans les pharmacopées traditionnelles.
Sur des espèces indiennes du même genre, la chromatographie a permis de distinguer les profils, ce qui montre que deux Berberis ne se valent pas. Une étiquette qui indique seulement « berbéris » ne vous permet donc pas de savoir laquelle vous achetez.
Le repère pratique est simple : cherchez le nom latin complet, avec l’épithète d’espèce. Sans ce niveau de précision, la comparaison entre deux produits repose sur une ressemblance de nom, pas sur une identité botanique.
Quel est son statut en France ?
L’arrêté du 24 juin 2014 établit la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires. L’épine-vinette n’y figure pas : une seule plante à berbérine y est inscrite, le phellodendron de l’Amour, et uniquement pour son écorce.
En France, plusieurs plantes à berbérine sont commercialisées comme compléments alimentaires. L’épine-vinette arrive par une autre voie que l’arrêté : celle des plantes éligibles du décret de 2006, complétée par la liste publiée par la DGCCRF. La page sur les plantes à berbérine autorisées en France détaille ces voies.
L’avis de l’ANSES sur les plantes contenant de la berbérine est publié et consultable, ce qui permet de vérifier ce partage soi-même.
Cette possibilité d’emploi ne porte jamais sur un effet. Aucune allégation de santé n’est permise pour la berbérine, et la réglementation de la berbérine en France et dans l’UE donne le cadre complet.
En janvier 2026, l’EFSA a adopté un projet d’avis concluant qu’aucune dose journalière sûre n’a pu être établie pour les préparations à base de berbérine. Ce constat vaut aussi pour les préparations d’épine-vinette.
Deux niveaux se superposent donc, et il vaut mieux les distinguer. Le premier est national : la plante peut être employée dans un complément. Le second est européen : la sécurité des préparations reste en cours d’évaluation, sans dose de référence.
Une autorisation d’emploi n’est donc pas un feu vert sanitaire. Elle dit qu’un ingrédient peut entrer dans un produit, pas ce que ce produit fait ni à partir de quelle quantité il poserait question.
Comment lire une étiquette qui cite cette plante
Trois éléments méritent votre attention sur l’emballage. Le nom latin complet, d’abord, qui identifie l’espèce sans ambiguïté.
La partie utilisée ensuite, puisque racine, écorce et fruit n’ont pas le même profil. Enfin la mention d’un extrait titré, qui indique une teneur mesurée dans cet extrait précis.
Ce pourcentage mérite une lecture attentive, car il porte sur l’extrait et non sur la gélule entière. Le vocabulaire de l’extrait titré explique précisément ce qu’il recouvre.

Aucun de ces trois éléments ne renseigne sur un effet. Ils vous disent ce que le produit contient, ce qui reste la seule information vérifiable avant l’achat.
Ce que cette fiche ne dit pas
Cette page ne compare aucune marque et n’indique aucune quantité à prendre. Une teneur mesurée en laboratoire décrit un extrait analysé, pas ce qu’un flacon délivre à une personne.
L’ANSES déconseille ces compléments aux enfants et adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes, ainsi qu’aux personnes diabétiques ou atteintes de troubles hépatiques ou cardiaques. La sécurité de la berbérine détaille ces situations.
Si vous ressentez un effet après avoir pris un tel complément, parlez-en à un médecin ou à un pharmacien. La nutrivigilance recueille les effets indésirables déclarés après la prise d’un complément alimentaire.
Quand demander conseil ?
Trois situations justifient un avis professionnel avant d’utiliser un complément à l’épine-vinette. La première : un traitement médicamenteux en cours, quel qu’il soit.
La deuxième : une grossesse, un allaitement, un diabète ou un trouble du foie ou du cœur. La troisième : un doute sur l’identité exacte du produit, par exemple quand l’étiquette ne mentionne pas l’espèce.
Adressez-vous alors à votre médecin ou à votre pharmacien. Le pharmacien peut consulter votre historique de délivrance et repérer une interaction plausible.
Les erreurs fréquentes
Quatre confusions reviennent régulièrement autour de cette plante.
- Lire « épine-vinette » comme une indication de quantité : le nom désigne l’origine, pas la teneur.
- Considérer deux espèces de Berberis comme interchangeables alors que leurs profils diffèrent.
- Supposer que toutes les parties de la plante se valent, alors que racine, écorce et fruit divergent.
- Prendre une autorisation réglementaire pour une reconnaissance d’efficacité, ce qu’elle n’est pas.
L’écart labo-flacon
- Ce que l’étude a mesuré : environ 10,2 mg de berbérine par gramme, sur un extrait analysé.
- Ce que le flacon contient : une préparation dont la partie de plante et le procédé varient.
- Ce qui reste inconnu : la quantité réellement absorbée par la personne qui l’avale.
Questions fréquentes
Vous trouverez ici les réponses courtes aux questions les plus posées sur l’épine-vinette.
L’épine-vinette et la berbérine sont-elles la même chose ? Non. L’épine-vinette est une plante, la berbérine une molécule qu’elle contient. Une étiquette qui nomme la plante ne dit rien de la quantité de molécule présente.
Quelle quantité de berbérine contient l’épine-vinette ? Une analyse de 2024 mesure environ 10,2 mg de berbérine par gramme d’extrait. Cette valeur porte sur un extrait précis, pas sur toutes les préparations.
L’épine-vinette est-elle autorisée en France ? Oui, mais pas par l’arrêté « Plantes » de 2014, où elle ne figure pas. Elle relève de la liste des plantes éligibles et de celle publiée par la DGCCRF. Cette possibilité d’emploi ne porte pas sur un effet.
Toutes les parties de la plante se valent-elles ? Non. Une analyse distingue racine, tige et feuille par leur profil. La racine et l’écorce sont les parties habituellement utilisées pour les compléments.
Comment cette page a-t-elle été rédigée ?
- Rédaction : La rédaction de Berbérine.fr
- Relecture : Comité de relecture éditoriale, qui vérifie les sources et la conformité, et qui ne dispose d’aucune compétence médicale
- Dernière vérification : 13 août 2026
- Sources : les neuf références figurent en bas de page, avec leur date de consultation
Cette page ne remplace pas une consultation. Si vous vous demandez si un complément à base de berbérine est compatible avec votre traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. Les plantes à berbérine réunissent les autres espèces, et la page d’accueil résume ce qu’il faut vérifier avant d’acheter de la berbérine.
Sources
- Pharmacological potential of three berberine-containing plant extracts from Berberis vulgaris, Mahonia aquifolium and Phellodendron amurense
Biomedicines (MDPI), via PubMed CentralNiveau de preuve B
Publié le · Consulté le
- HPLC-DAD fingerprinting coupled with chemometric analysis can successfully differentiate Indian Berberis species and its plant parts
3 Biotech (Springer), via PubMed CentralNiveau de preuve B
Publié le · Consulté le
- Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires
LégifranceRéglementationNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Utilisation de plantes à base de berbérine dans les compléments alimentaires
ANSESAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- AVIS relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine (saisine n° 2018-SA-0095)
ANSESAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- DRAFT Scientific Opinion on the safety of plant preparations containing berberine (EFSA-Q-2022-00803)
EFSA — Panel on Nutrition, Novel Foods and Food Allergens (NDA)AutoritéNiveau de preuve A
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- Avis de l’Anses relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine
ANSESAutoritéNiveau de preuve A
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ANSESAutoritéNiveau de preuve A
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