Écorce et racines de plante séchées posées sur une surface grise neutre, sans texte

Quelles plantes à berbérine sont autorisées en France ?

Par La rédaction de Berbérine.fr · Dernière vérification :

Sommaire

En France, une seule plante à berbérine figure dans l’arrêté qui liste les plantes autorisées dans les compléments alimentaires. Cette page dit laquelle, par quelle autre voie les autres sont vendues, et ce que cette autorisation ne veut pas dire. C’est une facette de l’écart labo-flacon, la distance entre ce qu’une règle impose et ce qu’un acheteur croit y lire.

À savoir avant de lire. Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne, et l’EFSA n’a pas pu établir de dose journalière sûre. Si vous suivez un traitement, si vous êtes enceinte ou diabétique : parlez-en à un professionnel de santé avant tout usage.

En bref

  • Une seule plante à berbérine figure dans l’arrêté « Plantes » de 2014.
  • Il s’agit du phellodendron de l’Amour, et seulement de son écorce.
  • Les autres plantes sont vendues par une autre voie réglementaire.

Cette page s’appuie sur 8 sources, toutes ouvertes et vérifiées le 11 août 2026, et toutes issues d’une autorité publique ou d’un texte réglementaire.

Quelle plante à berbérine la France autorise-t-elle ?

Une seule plante à berbérine figure dans l’arrêté du 24 juin 2014, celui qui établit la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires. Dans son avis, l’ANSES le précise : le phellodendron de l’Amour, Phellodendron amurense, est la seule plante à berbérine inscrite à cet arrêté, et pour sa seule écorce.

Cette lecture a été confirmée directement. Le phellodendron figure bien à l’annexe de l’arrêté, tandis qu’une recherche des noms Berberis ou Coptis dans cette même annexe ne renvoie aucune entrée. Les épines-vinettes et les coptis, pourtant les plus connues, n’y sont pas.

Cette liste ne dit rien du nombre de plantes concernées. L’avis de l’ANSES, publié en 2019, a examiné plusieurs espèces à berbérine, bien au-delà de la seule inscrite à l’arrêté. La molécule elle-même, la berbérine, se rencontre dans plusieurs familles botaniques. Son statut réglementaire, lui, ne dépend pas de sa présence dans la plante, mais du cadre qui l’autorise.

Le détail « écorce » n’est pas anodin. L’arrêté n’autorise pas la plante entière, mais une partie précise. Une même espèce peut être admise pour un organe et pas pour un autre, selon ce que le texte prévoit. Selon la partie de la plante retenue, la teneur en berbérine peut différer.

C’est une précision que peu d’étiquettes reprennent, alors qu’elle change ce que contient réellement le produit.

C’est une information que la plupart des pages commerciales ne donnent pas. Elles présentent souvent toutes les plantes à berbérine comme également « autorisées », sans distinguer la voie par laquelle chacune arrive sur le marché.

Deux voies vers le marché : une seule plante à berbérine, le phellodendron de l’Amour, figure dans l’arrêté « Plantes » de 2014 ; les autres passent par le décret de 2006 et la liste de la DGCCRF de 2019

Les autres plantes passent par une autre voie

Ne pas figurer dans l’arrêté « Plantes » ne veut pas dire être interdit. L’ANSES décrit une autre voie réglementaire pour les plantes à berbérine restantes.

Ces plantes relèvent de la liste des plantes éligibles du décret n° 2006-352, puis de la liste de 1011 plantes publiée par la DGCCRF en janvier 2019. C’est par ce chemin, et non par l’arrêté de 2014, qu’une épine-vinette ou un coptis peut se retrouver dans un complément vendu en France. Voyez la fiche épine-vinette (Berberis vulgaris) pour ce cas, et phellodendron de l’Amour pour l’autre voie.

Dans l’arrêté « Plantes » de 2014Par une autre voie
Plantele phellodendron de l’Amourles autres espèces à berbérine
Partiel’écorce seulementselon le cas
Texte de référencearrêté du 24 juin 2014décret de 2006 et liste DGCCRF de 2019

Ces plantes ne sont pas passées inaperçues des autorités. L’ANSES relève que plusieurs figurent au « Compendium of botanicals » de l’EFSA, la liste des plantes pour lesquelles des substances pouvant poser un problème de santé publique ont été signalées. Y figurer n’interdit pas la vente. C’est un signal de vigilance, pas une interdiction.

Pour un acheteur, la conséquence est simple à énoncer. Le mot « autorisé » sur une page de vente ne dit pas par quelle voie la plante l’est, ni ce qu’elle vaut. Il signale seulement qu’un cadre existe. Vérifier l’espèce exacte, en latin, reste le seul moyen de savoir de quelle plante il s’agit vraiment.

La distinction paraît technique, mais elle change la lecture d’une étiquette. Deux produits peuvent être « conformes » tout en relevant de deux cadres différents. Le détail botanique de ces espèces figure sur la page plantes à berbérine ; ici, seul compte leur statut réglementaire.

Ce que l’étiquette doit obligatoirement porter

Une plante autorisée s’accompagne d’obligations d’étiquetage. Pour les plantes à berbérine, l’arrêté « Plantes » impose une mention précise.

Un avertissement destiné aux femmes enceintes figure dans l’arrêté, et doit apparaître sur l’étiquette. Cette obligation découle du statut de la plante, pas d’un choix du fabricant. Les groupes auxquels l’ANSES déconseille ces compléments sont réunis sur la page sécurité de la berbérine.

À cela s’ajoutent les règles générales d’information du consommateur, fixées par le règlement européen dit INCO. Elles encadrent la dénomination, la liste des ingrédients et les mentions obligatoires de tout complément. Elles ne créent aucun droit à revendiquer un effet.

En pratique, l’avertissement « grossesse » n’est pas le seul groupe visé. L’ANSES déconseille aussi ces compléments aux enfants et adolescents, aux personnes diabétiques et à celles présentant des troubles hépatiques ou cardiaques. La façon de repérer ces mentions, et le titrage, sur une étiquette réelle est détaillée sur la page formes et étiquettes de la berbérine.

Ces obligations portent sur la forme, pas sur le fond. Elles garantissent qu’une information figure, lisible et exacte, mais elles ne valident aucun bénéfice. Un étiquetage parfaitement conforme peut accompagner un produit dont l’effet n’a jamais été démontré. C’est le cœur de l’écart entre ce qu’une règle impose et ce qu’un acheteur croit y lire.

La berbérine isolée relève d’un autre régime

Une distinction sépare la plante et la molécule seule. Autoriser une plante dans un complément ne revient pas à autoriser la berbérine purifiée.

La berbérine isolée peut relever du règlement européen sur les nouveaux aliments, le règlement 2015/2283. C’est un régime distinct de celui du plante entière ou de l’extrait, avec ses propres conditions de mise sur le marché. Un produit qui présente de la berbérine « pure » ne se situe donc pas forcément dans le même cadre qu’un extrait de plante.

Cette distinction a des conséquences concrètes. Un ingrédient reconnu comme nouvel aliment doit avoir été autorisé au terme d’une procédure européenne avant sa mise sur le marché, avec une évaluation de sécurité dédiée. Un extrait de plante inscrite suit un autre chemin, sans cette autorisation préalable de la substance elle-même. Pour un même mot sur une étiquette, le régime juridique peut donc différer.

Ce que cette autorisation ne signifie pas

Plante autorisée ou allégation autorisée ?

Le point le plus souvent confondu tient en une phrase : une plante autorisée n’est pas une allégation autorisée. Le mot « autorisé » désigne un cadre administratif, jamais un effet sur la santé. Qu’une plante figure dans ce cadre ne dit rien d’un bénéfice. L’une relève d’une liste administrative ; l’autre demanderait une évaluation scientifique qui n’a jamais été rendue pour la berbérine.

Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne, au titre du règlement 1924/2006. Sur le fond de la sécurité, l’EFSA a rendu un projet d’avis en janvier 2026. Aucune dose journalière sûre n’a pu y être établie pour les préparations contenant de la berbérine. L’autorisation d’une plante et l’évaluation de sa sécurité sont deux questions distinctes.

C’est l’une des idées que notre synthèse générale sur la berbérine cherche à remettre à leur place, contre une SERP qui les confond. Une plante conforme n’est ni recommandée ni validée par les autorités. Elle est seulement admise dans un cadre, sous conditions.

Statut réglementaire en cours. En janvier 2026, l’EFSA a adopté un projet d’avis concluant qu’aucune dose journalière sûre n’a pu être établie pour les préparations contenant de la berbérine. Le cadre réglementaire peut donc évoluer. Dernière vérification : 11 août 2026.

Le cadre d’ensemble, avis de l’ANSES et évaluation de l’EFSA compris, est exposé sur la page réglementation de la berbérine.

Questions fréquentes

Quelle plante à berbérine est autorisée par l’arrêté de 2014 ? Une seule : le phellodendron de l’Amour, et seulement son écorce. Les autres plantes à berbérine n’y figurent pas.

Les autres plantes à berbérine sont-elles interdites ? Non. Elles arrivent par une autre voie : le décret de 2006 sur les plantes éligibles, puis la liste de 1011 plantes de la DGCCRF, parue en janvier 2019.

Une plante autorisée veut-elle dire un effet prouvé ? Non. Une plante autorisée n’est pas une allégation autorisée. Aucune allégation de santé n’est permise pour la berbérine, et aucune dose sûre n’est établie.

La berbérine pure suit-elle les mêmes règles qu’un extrait ? Pas nécessairement. La berbérine isolée peut relever du règlement sur les nouveaux aliments, un régime distinct de celui de l’extrait de plante.

Aucune de ces réponses ne vaut pour votre situation personnelle. Ce contenu est informatif et ne remplace pas une consultation. Si vous suivez un traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant tout usage.

L’écart labo-flacon, en trois lignes

L’écart labo-flaconSur cette page
Ce que l’étude a mesuréle statut réglementaire d’une plante, fixé par des textes datés
Ce que le flacon contientune plante autorisée, ce qui ne dit rien d’un effet ni d’une dose sûre
Ce qui reste inconnula sécurité d’un usage, qu’aucune dose journalière établie ne borne

Comment cette page a-t-elle été rédigée ?

  • Rédaction : La rédaction de Berbérine.fr
  • Relecture : Comité de relecture éditoriale, qui vérifie les sources et la conformité, et qui ne dispose d’aucune compétence médicale
  • Dernière vérification : 11 août 2026
  • Sources : les 8 références figurent en bas de page, avec leur date de consultation

Sources

  1. Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires

    LégifranceRéglementationNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  2. Utilisation de plantes à base de berbérine dans les compléments alimentaires

    ANSESAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  3. Avis de l’Anses relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine

    ANSESAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  4. Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires (INCO)

    Office des publications de l’Union européenneRéglementationNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  5. Règlement (UE) 2015/2283 relatif aux nouveaux aliments

    Office des publications de l’Union européenneRéglementationNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  6. Règlement (CE) n° 1924/2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé

    EUR-Lex — Union européenneRéglementationNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  7. DRAFT Scientific Opinion on the safety of plant preparations containing berberine (EFSA-Q-2022-00803)

    EFSA — Panel on Nutrition, Novel Foods and Food Allergens (NDA)AutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le