Femme enceinte assise près d’une fenêtre dans une lumière douce, mains posées sur le ventre, sans texte

Berbérine, grossesse et allaitement

Par La rédaction de Berbérine.fr · Dernière vérification :

Sommaire

La berbérine est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement. L’ANSES place les femmes enceintes et allaitantes parmi les groupes qui devraient s’en abstenir, et le principal risque décrit concerne le nouveau-né. Cette page explique ce risque, ce que la littérature établit, et ce qu’elle laisse encore ouvert. Elle s’en tient aux positions des autorités et aux études publiées, sans conseiller ni rassurer.

En bref

  • L’ANSES déconseille la berbérine aux femmes enceintes et allaitantes, et l’étiquette doit le mentionner.
  • Le risque décrit concerne surtout le nouveau-né : un excès de bilirubine, le pigment lié à la jaunisse.
  • La littérature n’est pas unanime, mais la conclusion des autorités reste la prudence.

Cette page s’appuie sur 9 sources, toutes ouvertes et vérifiées le 12 août 2026 ; sept proviennent d’une autorité sanitaire ou d’un texte réglementaire, deux d’une revue à comité de lecture.

À savoir avant de lire. Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne, et l’EFSA n’a pas pu établir de dose journalière sûre. Si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, n’utilisez pas de complément à base de berbérine sans avis médical.

Pourquoi l’ANSES la déconseille pendant la grossesse ?

L’ANSES déconseille la berbérine pendant la grossesse parce que sa sécurité n’est pas établie pour cette période. Dans son avis, l’agence recommande aux femmes enceintes et allaitantes de s’abstenir de consommer des compléments alimentaires contenant de la berbérine. Elle range ce groupe parmi ceux pour lesquels le risque est jugé plus élevé. Cet avis, rendu le 1er août 2019, reste la référence française sur ces plantes.

Cette recommandation a une traduction réglementaire. L’étiquette d’un complément à base de berbérine doit, au titre de l’arrêté du 24 juin 2014, porter un avertissement qui en déconseille l’emploi aux femmes enceintes. La mise en garde n’est donc pas seulement un conseil : elle est inscrite dans le cadre applicable.

Un second motif est parfois cité pour la grossesse. Certaines plantes à berbérine ont été associées à une possible augmentation des contractions de l’utérus, ce qui a nourri l’avertissement destiné aux femmes enceintes. Ce point relève de la réglementation de la berbérine, qui décrit l’origine de ces mentions.

Cette mise en garde vaut pour toutes les plantes qui apportent de la berbérine, quelle que soit la marque. L’ANSES ne vise pas un produit précis, mais la substance et les préparations qui la contiennent. La quantité de berbérine peut du reste varier fortement d’un complément à l’autre, sans que l’étiquette le montre toujours.

Statut réglementaire en cours. En janvier 2026, l’EFSA a adopté un projet d’avis concluant qu’une dose journalière sûre n’a pas pu être établie pour ces préparations. Le cadre réglementaire peut donc évoluer. Dernière vérification : 12 août 2026.

Le risque pour le nouveau-né : la bilirubine

Le risque le mieux décrit concerne le nouveau-né, et il porte un nom : la bilirubine. Ce pigment jaune, issu de la dégradation des globules rouges, circule dans le sang fixé à une protéine, l’albumine. Selon l’ANSES, en cas d’exposition prénatale ou chez le nourrisson allaité, la berbérine semble présenter un risque en raison d’un déplacement de la bilirubine libre.

Le mécanisme est connu depuis longtemps. Une étude de 1993 a mesuré cette capacité de déplacement en laboratoire. La berbérine s’y est révélée environ dix fois plus déplaçante pour la bilirubine que la phénylbutazone, un médicament de référence pour ce type d’effet.

La conséquence redoutée est un excès de bilirubine libre chez un organisme immature. Le NCCIH, l’organisme de santé américain, indique que l’exposition à la berbérine a été associée à une accumulation nocive de bilirubine chez le nourrisson, susceptible de causer des lésions cérébrales. C’est cette forme grave, l’ictère nucléaire, que la prudence cherche à éviter.

L’auteur de l’étude de 1993 en tirait déjà une règle simple : mieux vaut éviter la berbérine chez le nouveau-né ictérique et la femme enceinte. Près de trente ans plus tard, les autorités sanitaires disent la même chose.

Chez le nouveau-né, un certain taux de bilirubine est normal et sans gravité. Le problème apparaît quand la bilirubine dépasse ce qu’un organisme immature peut gérer. Un facteur qui augmente la bilirubine libre retire alors une marge de sécurité déjà étroite. Ce risque figure parmi ceux que détaille l’avis de l’ANSES sur la berbérine.

Infographie : schéma en trois étapes — bilirubine fixée à l’albumine, déplacement, atteinte du cerveau

Que sait-on du passage dans le lait maternel ?

Le passage dans le lait maternel est possible, mais mal quantifié. Selon une fiche d’information destinée aux parents, la berbérine peut passer dans le lait maternel, sans que l’on sache en quelle quantité. Cette incertitude est en soi une raison de prudence.

Le raisonnement rejoint celui de la grossesse. Un nourrisson allaité est un organisme immature, sensible au même mécanisme de bilirubine que le fœtus. En l’absence de données précises sur les quantités transmises, les autorités préfèrent déconseiller plutôt que rassurer.

Une autre inconnue concerne la grossesse elle-même. La même fiche indique qu’on ne sait pas si l’usage de la berbérine augmente le risque de malformations à la naissance. Ces zones d’ombre expliquent la position des autorités : sans preuve de sécurité, elles déconseillent.

Ce que la littérature ne tranche pas

La littérature scientifique n’est pas unanime, et l’honnêteté oblige à le dire. Une revue a trouvé des données contradictoires, soutenant ou réfutant tour à tour le lien entre berbérine et ictère néonatal. Le risque n’est donc pas démontré avec la même force qu’un effet toxique établi. Cette nuance ne doit pas se lire comme un feu vert : elle décrit l’état de la preuve, pas un usage sûr.

Cette incertitude a une histoire concrète. Des préparations de plantes à berbérine ont été retirées du marché à Singapour de 1978 à 2012. La mesure était liée, de façon supposée, à des ictères chez des nouveau-nés présentant un déficit enzymatique en G6PD. Le mot « supposé » compte : la décision reposait sur une préoccupation, pas sur une preuve définitive.

Que faire d’une preuve incomplète quand l’enjeu est le cerveau d’un nouveau-né ? Les autorités répondent par la précaution. Un doute sérieux sur un risque grave, chez une population vulnérable, suffit à déconseiller, même sans certitude. C’est une logique de prudence, pas une condamnation de la substance.

Que faire si vous êtes enceinte ou allaitez ?

Si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, la conduite est simple : demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant tout usage. Le professionnel connaît votre situation et peut juger de ce qui est prudent. Aucun complément à base de berbérine ne devrait être commencé pendant cette période sans cet avis. Les effets indésirables rapportés pour la berbérine sont recensés à part.

Quelques repères pratiques :

  • signaler tout complément à son médecin et à son pharmacien ;
  • ne commencer aucun complément à base de berbérine pendant la grossesse ou l’allaitement sans avis ;
  • en cas de doute sur une exposition passée, demander conseil plutôt que s’inquiéter.

Si vous avez déjà pris de la berbérine sans le savoir, ce n’est pas un motif de panique, mais un motif d’en parler. Une prise ponctuelle et ancienne n’a pas le même poids qu’un usage régulier, mais seul un professionnel peut en juger dans votre situation. Un effet indésirable qui pourrait être lié à un complément peut aussi être signalé au dispositif de nutrivigilance de l’ANSES. Le détail des autres groupes concernés figure sur la sécurité de la berbérine.

Une attention particulière s’impose si vous suivez déjà un traitement. La berbérine peut modifier l’effet de certains médicaments, un point traité sur les interactions médicamenteuses de la berbérine. L’ensemble de ce qu’il faut vérifier avant d’acheter de la berbérine est réuni sur ce site, pour situer chaque question dans son cadre.

À ne pas confondre : naturel et inoffensif

Une substance d’origine végétale peut, elle aussi, présenter des risques. L’avertissement des autorités porte justement sur une plante. Le fait que la berbérine soit naturelle ne garantit pas sa sécurité pendant la grossesse : c’est même l’inverse que soulignent l’ANSES et les fiches destinées aux parents.

L’écart labo-flacon appliqué à la grossesse

L’écart labo-flaconSur cette page
Ce que l’étude a mesuréun déplacement de la bilirubine en laboratoire, à des concentrations définies
Ce que le flacon contientune quantité de berbérine que l’étiquette n’indique pas toujours
Ce qui reste inconnula dose réellement transmise au fœtus ou au nourrisson, et son effet exact

Questions fréquentes

La berbérine est-elle interdite pendant la grossesse ? Non, elle n’est pas interdite, mais elle est déconseillée. L’ANSES recommande aux femmes enceintes de s’abstenir, et l’étiquette doit porter cet avertissement. La distinction compte : le produit reste en vente, mais son usage est déconseillé.

Quel est le risque exact pour le bébé ? Le risque décrit est un excès de bilirubine, le pigment de la jaunisse, que la berbérine peut déplacer de sa protéine porteuse. Chez un nouveau-né, un excès de bilirubine peut, dans les formes graves, atteindre le cerveau. C’est ce que la prudence cherche à éviter.

Peut-on allaiter en prenant de la berbérine ? Cette question relève de votre médecin. La berbérine peut passer dans le lait maternel en quantité inconnue, et le nourrisson est sensible au même mécanisme que le fœtus. Les autorités déconseillent donc l’usage pendant l’allaitement.

Comment cette page a-t-elle été rédigée ?

  • Rédaction : La rédaction de Berbérine.fr
  • Relecture : Comité de relecture éditoriale (vérification des sources et de la conformité)
  • Dernière vérification : 12 août 2026
  • Sources : voir la liste ci-dessous

L’ANSES déconseille les compléments à base de berbérine aux enfants et adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes, ainsi qu’aux personnes diabétiques ou atteintes de troubles hépatiques ou cardiaques. Si vous suivez un traitement, parlez-en à votre médecin avant tout usage : la berbérine interagit avec de nombreux médicaments.

Sources

  1. AVIS relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine (saisine n° 2018-SA-0095)

    ANSESAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  2. Utilisation de plantes à base de berbérine dans les compléments alimentaires

    ANSESAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  3. Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires

    LégifranceRéglementationNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  4. Chan E. Displacement of bilirubin from albumin by berberine

    Biology of the NeonateÉtudeNiveau de preuve B

    Publié le · Consulté le

  5. Linn YC, et al. Berberine-induced haemolysis revisited: safety of Rhizoma coptidis and Cortex phellodendri in chronic haematological diseases

    Phytotherapy ResearchÉtudeNiveau de preuve B

    Publié le · Consulté le

  6. Berberine — MotherToBaby Fact Sheets

    MotherToBaby / OTISAutoritéNiveau de preuve C

    Publié le · Consulté le

  7. Berberine and Weight Loss: What You Need To Know

    NCCIH — National Center for Complementary and Integrative Health (NIH)AutoritéNiveau de preuve C

    Publié le · Consulté le

  8. Avis de l’Anses relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine

    ANSESAutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le

  9. DRAFT Scientific Opinion on the safety of plant preparations containing berberine (EFSA-Q-2022-00803)

    EFSA — Panel on Nutrition, Novel Foods and Food Allergens (NDA)AutoritéNiveau de preuve A

    Publié le · Consulté le