L’avis de l’ANSES sur la berbérine
Par La rédaction de Berbérine.fr · Dernière vérification :
Sommaire
L’avis de l’ANSES sur la berbérine est un document rendu le 1er août 2019 qui déconseille ces compléments à plusieurs groupes de personnes. Il ne rend pas le produit illégal : il donne un avis scientifique, pas une interdiction. Cette page décrit ce que l’agence a recommandé, sur quels signalements elle s’est appuyée, et quelle portée juridique a réellement un avis d’agence.
En bref
- L’ANSES déconseille la berbérine à plusieurs groupes, mais un avis est un avis scientifique, pas une interdiction du produit.
- L’agence note des effets pharmacologiques avérés dès 400 mg par jour chez l’adulte, doses inférieures non exclues.
- Un seul signalement de nutrivigilance a pu être analysé et jugé d’imputabilité « possible ».
Cette page s’appuie sur 12 sources, toutes ouvertes et vérifiées le 12 août 2026 ; les 12 proviennent d’une autorité sanitaire ou d’un texte réglementaire.
À savoir avant de lire. Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne, et l’EFSA n’a pas pu établir de dose journalière sûre. Si vous suivez un traitement, si vous êtes enceinte ou diabétique : parlez-en à un professionnel de santé avant tout usage.
Qu’est-ce que l’avis de l’ANSES sur la berbérine ?
L’avis de l’ANSES sur la berbérine est l’analyse rendue par l’agence sanitaire française sur la sécurité des plantes contenant cette substance dans les compléments alimentaires. L’ANSES, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, a rendu cet avis le 1er août 2019, sous la saisine n° 2018-SA-0095. Le document porte la signature de son directeur général.
Un avis répond à une question précise. Ici, l’agence sanitaire a examiné les préparations de plantes qui apportent de la berbérine, comme celles à base d’épine-vinette ou d’hydraste du Canada. Elle a regardé deux choses : les effets rapportés chez les consommateurs, et le niveau de dose à partir duquel la substance agit sur l’organisme.
L’avis ne parle pas d’une marque ni d’un produit unique. Il parle d’une catégorie : les compléments qui contiennent de la berbérine, quelle que soit la plante d’origine. C’est une distinction utile, car un même nom de plante sur une étiquette ne dit rien de la quantité réellement présente.
Ce que recommande l’ANSES
L’ANSES recommande à plusieurs groupes de s’abstenir de consommer des compléments contenant de la berbérine. Dans les conclusions de l’avis, l’agence vise les femmes enceintes et allaitantes, les personnes diabétiques et les personnes présentant des troubles hépatiques ou cardiaques. En l’absence de données spécifiques, cette recommandation s’applique aussi aux enfants et aux adolescents.
Sur sa page d’information, l’ANSES précise que le risque est plus élevé pour plusieurs groupes :
- les enfants et les adolescents ;
- les femmes enceintes ou allaitantes ;
- les personnes diabétiques ;
- les personnes souffrant de troubles hépatiques ou cardiaques.
La liste est cohérente d’un document à l’autre. Elle recoupe celle que l’on retrouve, détaillée par groupe, sur la page consacrée à la sécurité de la berbérine.
L’agence donne aussi un repère de dose. Elle confirme des effets pharmacologiques avérés à partir de 400 mg par jour chez l’adulte, sans exclure que de tels effets interviennent à des doses inférieures. Ce n’est pas une dose autorisée ni une dose conseillée : c’est le seuil à partir duquel l’agence considère l’effet biologique comme établi.
Le même avis établit aussi une valeur de référence bien plus basse. Elle est de l’ordre de 0,1 mg par jour pour une personne de 60 kg, un seuil qu’un grand nombre de produits dépassent vraisemblablement. Le repère de 400 mg ne signifie donc pas qu’une dose plus faible est sans risque.
Le détail des effets rapportés — troubles digestifs, baisses de tension, interactions — relève d’une autre page. Nous les décrivons dans les effets indésirables de la berbérine, afin de ne pas mélanger la recommandation officielle et la description clinique.
Quels signalements ont conduit à cet avis ?
Les signalements à l’origine de l’avis sont peu nombreux, et c’est un point important. Entre 2009 et octobre 2018, l’ANSES a reçu trois déclarations liées à la berbérine par son dispositif de nutrivigilance. Sur ces trois, un seul cas — des céphalées et des vertiges — a pu être analysé par le groupe de travail Nutrivigilance, qui l’a jugé d’imputabilité « possible ».
« Possible » est un terme technique. Dans l’échelle d’imputabilité, il signifie que le lien entre le produit et l’effet n’est ni écarté ni démontré. Un seul cas analysé ne mesure pas un danger de masse ; il montre surtout que les données de terrain étaient minces au moment de l’avis. L’agence s’est donc appuyée davantage sur les propriétés pharmacologiques de la substance que sur un grand nombre de déclarations.
Cette rareté des signalements ne veut pas dire absence de risque. Elle tient aussi au fait que beaucoup d’effets indésirables ne sont jamais déclarés. C’est précisément pour cela que l’avis se termine par un rappel adressé aux professionnels de santé et aux fabricants : déclarer à la nutrivigilance les effets qu’ils constatent.
La portée juridique d’un avis
La portée juridique d’un avis est limitée : un avis n’est pas une règle contraignante. L’ANSES éclaire la décision publique, mais elle ne fixe pas la loi. Ses recommandations n’interdisent pas la vente et n’imposent pas, à elles seules, une dose maximale. Confondre l’avis avec une interdiction est l’erreur la plus fréquente sur ce sujet.
À ne pas confondre : avis et décision
Un avis est une analyse scientifique qui conseille les pouvoirs publics. Une décision est un acte juridique qui oblige. L’ANSES rend des avis ; la Commission européenne, les ministères ou la DGCCRF prennent les décisions. Un avis peut rester sans suite réglementaire, ou au contraire nourrir une mesure plus tard.

Un avis produit tout de même des effets concrets. Il sert de référence à la répression des fraudes quand elle contrôle un produit ou une publicité. Il informe aussi les fabricants sur les mentions d’avertissement à porter.
Cet avis alimente enfin les travaux menés à l’échelon européen. Ce que l’avis ne fait pas, en revanche, c’est transformer une recommandation en obligation chiffrée. Cette limite est au cœur du débat public sur la berbérine.
Cet avis ne remet pas non plus en cause l’autorisation des plantes elles-mêmes. Plusieurs plantes riches en berbérine restent autorisées dans les compléments par des voies distinctes, décrites sur la page dédiée aux plantes autorisées contenant de la berbérine. L’avis porte sur leur sécurité d’usage, pas sur leur mise sur le marché. Une plante peut donc être autorisée à la vente et déconseillée à certains publics en même temps.
La différence avec un texte contraignant est nette. Un arrêté ou un règlement fixe des obligations : une teneur maximale, une mention obligatoire, une interdiction. Un avis, lui, décrit un risque et recommande une conduite.
L’étiquette d’un complément à base de berbérine le montre bien. Elle porte déjà, au titre de l’arrêté du 24 juin 2014 sur les plantes autorisées, un avertissement destiné aux femmes enceintes. Cette mention ne découle pas directement de l’avis de l’ANSES. Saisir cette différence évite de lire l’avis comme une décision qu’il n’est pas.
Il faut aussi le distinguer du régime des allégations. Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne. La substance ne figure pas sur la liste des allégations autorisées établie par le règlement (UE) n° 432/2012, pris en application du règlement (CE) n° 1924/2006. Cette interdiction-là ne vient pas de l’ANSES : elle vient du droit européen des allégations, et elle vaut indépendamment de l’avis.
Comment signaler un effet indésirable ?
Signaler un effet indésirable se fait en ligne, sur le site de nutrivigilance de l’ANSES. La déclaration est organisée en six étapes et ne prend que quelques minutes. C’est le même dispositif que celui cité dans l’avis, celui par lequel les trois premiers signalements sur la berbérine sont remontés.
Vous pouvez déclarer vous-même, mais l’ANSES recommande de passer par un professionnel de santé, qui effectue alors la déclaration à votre place. Un médecin ou un pharmacien décrit plus précisément le produit, la dose et la chronologie, ce qui rend le signalement exploitable.
Le geste a un intérêt collectif. En France, une personne sur cinq consomme des compléments alimentaires ; la nutrivigilance sert à repérer rapidement d’éventuels effets liés à leur consommation. Chaque déclaration solide améliore les données sur lesquelles s’appuiera le prochain avis.
Depuis 2019 : de l’avis français à l’Europe
Depuis 2019, le dossier a changé d’échelle. L’avis de l’ANSES était une analyse nationale ; la suite se joue au niveau européen. En 2023, l’EFSA a lancé un appel à données en vue d’une évaluation de la sécurité des préparations végétales contenant de la berbérine. Ce travail européen a repris la question là où l’agence française l’avait laissée.
Statut réglementaire en cours. En janvier 2026, l’EFSA a adopté un projet d’avis concluant qu’une dose journalière sûre n’a pas pu être établie pour ces préparations végétales. Le cadre réglementaire peut donc évoluer. Dernière vérification : 12 août 2026.
Cette évaluation est aujourd’hui plus avancée que l’avis de 2019. En avril 2026, l’EFSA a présenté son projet d’avis sur la berbérine aux opérateurs du secteur alimentaire, signe que le dossier avance. Nous la suivons en détail sur la page consacrée à l’avis de l’EFSA sur la berbérine, qui décrit le projet d’avis et son calendrier. L’ensemble du cadre reste résumé sur la page dédiée à la réglementation de la berbérine.
Une précision de vocabulaire, enfin. L’avis de l’ANSES porte sur les plantes et préparations de plantes. La berbérine isolée et purifiée relève d’un autre régime : celui des nouveaux aliments, encadré par le règlement (UE) 2015/2283. Le régime dépend donc de ce que contient réellement le produit, un point que l’on retrouve sur toutes les pages de ce site sur la berbérine et ses formes.
Questions fréquentes
L’avis de l’ANSES interdit-il la berbérine ? Non, un avis n’est pas une interdiction du produit. Il déconseille l’usage à certains groupes et signale des risques, mais il ne rend pas la vente illégale. Plusieurs plantes contenant de la berbérine restent vendues comme compléments alimentaires en France, où seule l’affirmation d’un effet sur la santé est interdite.
Quelle dose l’ANSES retient-elle ? L’agence retient un seuil, pas une dose autorisée. Elle situe des effets pharmacologiques avérés à partir de 400 mg par jour chez l’adulte, sans exclure des effets à des doses plus faibles. Aucune dose journalière sûre n’a été établie au niveau européen à ce jour.
Combien de cas ont été signalés ? Entre 2009 et octobre 2018, l’ANSES a reçu trois signalements liés à la berbérine. Un seul cas a pu être analysé et jugé d’imputabilité « possible ». Ce petit nombre reflète autant la sous-déclaration que l’absence de danger.
L’écart labo-flacon appliqué à cet avis
| L’écart labo-flacon | Sur cette page |
|---|---|
| Ce que l’avis a évalué | la sécurité de plantes contenant de la berbérine, à partir des données disponibles en 2019 |
| Ce que le flacon contient | une quantité de berbérine que l’étiquette n’indique pas toujours, variable d’un produit à l’autre |
| Ce qui reste inconnu | la dose réellement absorbée par chaque personne, et donc le risque individuel exact |
Comment cette page a-t-elle été rédigée ?
- Rédaction : La rédaction de Berbérine.fr
- Relecture : Comité de relecture éditoriale (vérification des sources et de la conformité)
- Dernière vérification : 12 août 2026
- Sources : voir la liste ci-dessous
Sources
- AVIS relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine (saisine n° 2018-SA-0095)
ANSESAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Utilisation de plantes à base de berbérine dans les compléments alimentaires
ANSESAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Avis de l’Anses relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine
ANSESAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Tout savoir sur le dispositif de nutrivigilance
ANSESAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Règlement (CE) n° 1924/2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé
EUR-Lex — Union européenneRéglementationNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Règlement (UE) n° 432/2012 établissant une liste des allégations de santé autorisées
Office des publications de l’Union européenneRéglementationNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Call for data: scientific opinion on the evaluation of the safety of plant preparations containing berberine
EFSAAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Règlement (UE) 2015/2283 relatif aux nouveaux aliments
Office des publications de l’Union européenneRéglementationNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Draft opinion on plant preparations containing berberine — présentation aux opérateurs, 22 avril 2026
EFSAAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- DRAFT Scientific Opinion on the safety of plant preparations containing berberine (EFSA-Q-2022-00803)
EFSA — Panel on Nutrition, Novel Foods and Food Allergens (NDA)AutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires
LégifranceRéglementationNiveau de preuve A
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