Phellodendron amurense : la seule plante inscrite à l’arrêté
Par La rédaction de Berbérine.fr · Dernière vérification :
Sommaire
Le phellodendron de l’Amour occupe une position singulière : c’est la seule plante à berbérine que la réglementation française inscrit nommément sur sa liste. Ce n’est pourtant pas celle que vous trouverez le plus souvent en rayon. Cet écart change votre façon de lire une étiquette, car la mention « plante autorisée » ne désigne pas forcément l’espèce que vous tenez. Cette page explique ce que cette inscription recouvre, et ce qu’elle ne dit pas.
À savoir avant de lire. Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne, et l’EFSA n’a pas pu établir de dose journalière sûre. Si vous suivez un traitement, si vous êtes enceinte ou diabétique : parlez-en à un professionnel de santé avant tout usage.
En bref
- Le phellodendron est la seule plante à berbérine inscrite à l’arrêté de 2014.
- Cette inscription vise uniquement son écorce, pas la plante entière.
- Pour cette écorce, l’étiquette doit avertir les femmes enceintes.
Qu’est-ce que le phellodendron de l’Amour ?
C’est un arbre dont l’écorce épaisse et subéreuse lui vaut un second nom courant : l’arbre au liège. L’ANSES emploie les deux appellations. C’est cette écorce, et non le bois ni les fruits, que les préparations utilisent.
L’espèce appartient à la famille des Rutaceae, celle des agrumes ; les Berberis relèvent des Berberidaceae. Deux familles sans parenté proche produisent donc la même molécule.
Vous croiserez aussi son écorce sous le nom de « Cortex phellodendri », l’appellation employée dans les nomenclatures pharmaceutiques.
L’ANSES relève aussi que l’espèce fait partie des cinquante plantes fondamentales de la médecine traditionnelle chinoise. Ce constat décrit un usage ancien. Un usage traditionnel ne signifie pas que la plante a fait l’objet d’une évaluation favorable, et ne constitue pas une allégation autorisée.
Cette page s’appuie sur dix sources, toutes ouvertes et vérifiées le 13 août 2026. Huit émanent d’une autorité sanitaire ou d’un texte réglementaire, une d’une revue à comité de lecture et une d’une base de données publique.
Une inscription unique, et strictement délimitée
L’arrêté du 24 juin 2014 établit la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires. Le phellodendron de l’Amour est la seule plante à berbérine inscrite à cet arrêté « Plantes », pour son écorce.
Deux mots méritent votre attention dans cette phrase. Le premier est « seule » : aucune autre espèce à berbérine ne figure sur cette liste.
Le second est « écorce ». L’inscription ne porte pas sur l’arbre entier, mais sur une partie précise de celui-ci.
La ligne consacrée à cette plante ne se limite pas à un nom. Elle désigne aussi les alcaloïdes isoquinoléiques — la berbérine et la palmatine — comme substances à surveiller. Le texte nomme donc la molécule elle-même.
Une précision manque pourtant. Aucune teneur limite en alcaloïdes isoquinoléiques n’est proposée : l’inscription encadre une matière première sans plafonner ce qu’elle apporte.
| Ce que l’arrêté attache à la plante | Ce que cela implique |
|---|---|
| une espèce nommée | seul le phellodendron de l’Amour est visé |
| une partie précise | l’écorce, et non l’arbre entier |
| des substances à surveiller | berbérine et palmatine sont nommées |
| aucune teneur limite | le texte ne fixe pas de plafond |
| un avertissement obligatoire | mention destinée aux femmes enceintes |
| aucune mention d’effet | l’inscription n’évalue pas l’efficacité |

Ce qu’une inscription par partie de plante implique
Une autorisation attachée à un organe végétal n’est pas une formalité. Elle signifie que le texte vise une matière première précise. Ce n’est pas l’espèce en général qui est visée, mais une partie avec sa composition propre.
Voyez l’arbre comme un entrepôt à plusieurs rayons : racine, feuille et écorce n’ont pas le même profil chimique, et l’arrêté n’ouvre la porte que d’un seul rayon. Le texte vise l’écorce et ne mentionne aucune autre partie.
Pour vous, la conséquence est concrète. Un étiquetage sérieux nomme l’espèce et la partie utilisée ; l’absence de cette seconde précision rend la vérification impossible.
Une mention de teneur, par exemple, ne se comprend qu’en sachant de quelle matière première elle provient. Sans l’espèce et la partie, ce pourcentage flotte sans référence.
Ce que l’étiquette doit alors porter
Pour l’écorce de phellodendron de l’Amour, l’arrêté impose que l’étiquetage comporte un avertissement déconseillant l’emploi aux femmes enceintes. Cette mention n’est pas une précaution volontaire du fabricant, et son absence sur un emballage que vous tenez en main est en soi un signal.
Les autres plantes à berbérine relèvent d’un autre fondement. L’ANSES relève qu’elles figurent dans la liste des plantes éligibles du décret n° 2006-352 du 20 mars 2006, puis dans la liste de 1011 plantes de la DGCCRF. Aucune dose journalière maximale n’y est définie, mais le même avertissement d’étiquetage s’applique.
Autrement dit, cette mention ne prouve pas qu’un produit relève de l’arrêté : deux chemins réglementaires y aboutissent. La page sur les plantes à berbérine autorisées en France détaille ces voies.
L’ANSES déconseille aussi ces compléments à d’autres personnes : aux enfants et adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes, ainsi qu’aux personnes diabétiques ou atteintes de troubles hépatiques ou cardiaques.
Pourquoi trouve-t-on si rarement cette plante en rayon ?
Le statut réglementaire et la réalité commerciale ne coïncident pas : les compléments à la berbérine vendus en France sont le plus souvent formulés avec des extraits standardisés de Berberis.
Autrement dit, la plante inscrite à l’arrêté est moins courante en rayon que celles qui n’y figurent pas. En France, plusieurs plantes à berbérine sont commercialisées comme compléments alimentaires, et la majorité d’entre elles arrive par une autre voie que cette liste.
Ce décalage explique une bonne part de la confusion ambiante. Lire qu’« une plante à berbérine est autorisée » conduit logiquement à penser que le produit devant soi l’est aussi. Les deux phrases ne parlent pourtant pas de la même espèce.
De ce fait, rien n’interdit les autres espèces : elles suivent un autre chemin réglementaire.
À ne pas confondre : phellodendron et Berberis
À ne pas confondre : le phellodendron de l’Amour n’est pas une épine-vinette. Ce sont deux familles botaniques distinctes, deux parties de plante différentes et deux voies réglementaires séparées.
Sur l’emballage, le critère est lisible : un produit au phellodendron nomme l’espèce et mentionne l’écorce, un produit au Berberis nomme une épine-vinette et mentionne le plus souvent la racine. La fiche sur l’épine-vinette (Berberis vulgaris) décrit l’espèce la plus courante en rayon.
À ne pas confondre : autorisation et efficacité
À ne pas confondre : figurer sur une liste réglementaire n’est pas être reconnu efficace. L’arrêté organise l’emploi d’une plante dans un complément alimentaire ; il ne se prononce sur aucun effet.
Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne. Une inscription ne change rien à cette interdiction, et un vendeur qui présenterait la liste comme un gage d’efficacité sortirait du cadre.
L’avis de l’ANSES sur les plantes contenant de la berbérine est publié et consultable, ce qui vous permet de vérifier ce partage vous-même. Le cadre d’ensemble est exposé sur la page réglementation de la berbérine.
Ce que les analyses ont mesuré
Deux chiffres circulent sur cette écorce, et ils ne mesurent pas la même chose. Les pharmacopées reprises par l’ANSES situent sa teneur en berbérine entre 1,2 et 4,75 %, d’après l’OMS 2009.
Une analyse de 2024 donne un tout autre ordre de grandeur : 2,63 mg de berbérine par gramme dans un extrait éthanolique d’écorce de tige fraîche. Cet extrait a été préparé au laboratoire, par répercolation à froid dans l’éthanol, à raison d’un gramme de matière végétale par millilitre.
Les deux valeurs sont justes, mais ne décrivent pas le même objet : la matière première sèche d’un côté, une préparation de laboratoire de l’autre.
Aucune des deux ne décrit une gélule. Ces chiffres ne vous disent donc pas ce que contient le flacon que vous achetez. Retenir l’une ou l’autre valeur comme « la teneur du phellodendron » conduirait à une lecture fausse.
La berbérine (PubChem CID 2353) est la molécule concernée par cet encadrement. C’est elle que les listes réglementaires suivent, pas la plante en tant que telle. Sa nature chimique est décrite sur la page qu’est-ce que la berbérine.
En janvier 2026, l’EFSA a adopté un projet d’avis concluant qu’aucune dose journalière sûre n’a pu être établie pour les préparations à base de berbérine. L’écorce de Phellodendron amurense fait partie des couples espèce-organe que ce projet évalue.
Le statut français d’une espèce ne modifie donc pas ce constat européen. Les deux niveaux répondent à des questions différentes. La liste française dit quelles matières premières peuvent entrer dans un complément ; l’évaluation européenne porte sur la sécurité des préparations vendues.
Statut réglementaire en cours. En janvier 2026, le groupe scientifique de l’EFSA a adopté un projet d’avis sur les préparations végétales contenant de la berbérine. Il conclut qu’une dose journalière sûre n’a pas pu être établie, et l’avis final n’est pas encore publié. Dernière vérification : 13 août 2026.
Quand demander conseil ?
Trois situations justifient un avis professionnel avant d’utiliser un complément contenant cette plante. Un traitement médicamenteux en cours, d’abord. Une grossesse ou un allaitement ensuite, précisément la situation que l’étiquette doit signaler. Un diabète ou un trouble du foie ou du cœur, enfin.
Un signal documenté concerne directement cette écorce. L’ANSES rapporte que des préparations contenant de la berbérine, dont le Cortex phellodendri, ont été associées à des anémies hémolytiques et à des kernictères chez des nouveau-nés. Ces cas concernaient des nourrissons présentant un déficit potentiel en G6PD. L’agence cite aussi une étude sur plus de mille nourrissons qui ne retrouve pas ce lien.
Adressez-vous alors à votre médecin ou à votre pharmacien. La sécurité de la berbérine détaille ces situations.
Si vous ressentez un effet après avoir pris un tel produit, parlez-en à un professionnel de santé. La nutrivigilance recueille les effets indésirables déclarés après la prise d’un complément alimentaire.
Les erreurs fréquentes
Quatre lectures erronées reviennent régulièrement autour de cette plante.
- Lire l’inscription à l’arrêté comme une validation de l’efficacité, ce qu’elle n’est pas.
- Supposer que toutes les parties de l’arbre relèvent de la même autorisation.
- Croire que le produit en rayon contient cette espèce, alors que les Berberis dominent.
- Considérer l’avertissement de l’étiquette comme un geste commercial et non comme une obligation.
Questions fréquentes
Vous trouverez ici les réponses courtes aux questions les plus posées sur cette espèce.
Pourquoi cette plante est-elle inscrite et pas les autres ? L’arrêté de 2014 fixe une liste, et le phellodendron y figure pour son écorce. Les autres plantes à berbérine arrivent par une voie différente. Cette inscription ne dit rien d’une supériorité.
L’inscription signifie-t-elle que la plante est efficace ? Non. Une inscription autorise un emploi dans un complément alimentaire. Elle ne reconnaît aucun effet, et aucune allégation de santé n’est permise pour la berbérine. La liste encadre une matière première, rien de plus.
Que doit porter l’étiquette d’un tel produit ? Un avertissement déconseillant l’emploi aux femmes enceintes. Pour cette plante, l’obligation vient de l’arrêté lui-même. Pour les autres plantes à berbérine, l’ANSES relève que la même mention s’applique, mais sur un autre fondement.
Trouve-t-on souvent cette plante en rayon ? Moins que les Berberis. Les compléments vendus en France reposent le plus souvent sur des extraits de Berberis, alors que c’est le phellodendron qui est inscrit à l’arrêté.
L’écart labo-flacon
- Ce que l’étude a mesuré : 2,63 mg par gramme, sur un extrait éthanolique d’écorce de tige fraîche préparé au laboratoire.
- Ce que le flacon contient : le plus souvent un extrait standardisé d’une autre espèce, et d’une autre partie de plante.
- Ce qui reste inconnu : ce que cette double différence, d’espèce et de matière première, change à l’arrivée.
Comment cette page a-t-elle été rédigée ?
- Rédaction : La rédaction de Berbérine.fr
- Relecture : Comité de relecture éditoriale, qui vérifie les sources et la conformité, et qui ne dispose d’aucune compétence médicale
- Dernière vérification : 13 août 2026
- Sources : les dix références figurent en bas de page, avec leur date de consultation
Cette page ne remplace pas une consultation. Si vous vous demandez si un complément à base de berbérine est compatible avec votre traitement, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. Les plantes à berbérine réunissent les autres espèces, et la page d’accueil résume ce qu’il faut vérifier avant d’acheter de la berbérine.
Sources
- Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires
LégifranceRéglementationNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- AVIS relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine (saisine n° 2018-SA-0095)
ANSESAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Pharmacological potential of three berberine-containing plant extracts from Berberis vulgaris, Mahonia aquifolium and Phellodendron amurense
Biomedicines (MDPI), via PubMed CentralNiveau de preuve B
Publié le · Consulté le
- Utilisation de plantes à base de berbérine dans les compléments alimentaires
ANSESAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Avis de l’Anses relatif à la sécurité d’utilisation de plantes contenant de la berbérine
ANSESAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- DRAFT Scientific Opinion on the safety of plant preparations containing berberine (EFSA-Q-2022-00803)
EFSA — Panel on Nutrition, Novel Foods and Food Allergens (NDA)AutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Décret n° 2006-352 du 20 mars 2006 relatif aux compléments alimentaires
LégifranceRéglementationNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Règlement (CE) n° 1924/2006 concernant les allégations nutritionnelles et de santé
EUR-Lex — Union européenneAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Tout savoir sur le dispositif de nutrivigilance
ANSESAutoritéNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
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