La berbérine est-elle autorisée partout en Europe ?
Par La rédaction de Berbérine.fr · Dernière vérification :
Sommaire
À savoir avant de lire. Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne, et l’EFSA n’a pas pu établir de dose journalière sûre. Si vous suivez un traitement, si vous êtes enceinte ou diabétique : parlez-en à un professionnel de santé avant tout usage.
Le statut des plantes à berbérine n’est pas le même d’un pays européen à l’autre. La même racine peut être vendue sans plafond de dose dans un État et refusée dans les compléments alimentaires dans un autre. Ces écarts ne viennent pas de données scientifiques différentes : les autorités lisent la même littérature. Cette page rassemble ce que les textes disent, pays par pays, avec la date de chaque relevé.
En bref
- Plusieurs pays européens n’autorisent pas les plantes à berbérine en complément alimentaire.
- La Belgique a retenu 10 mg d’alcaloïdes isoquinoléiques par jour.
- La France n’a fixé aucune dose maximale pour ces plantes.
Cette page s’appuie sur 8 sources, toutes ouvertes et vérifiées le 23 août 2026 ; 8 d’entre elles proviennent d’une autorité publique ou d’un texte réglementaire.
Que disent les différents pays européens ?
Les pays européens ne traitent pas les plantes à berbérine de la même façon. L’éventail va de l’absence totale de plafond jusqu’au refus de les inscrire parmi les plantes utilisables dans l’alimentation.
Le relevé le plus complet en langue française figure dans l’avis de l’ANSES publié en 2019. Il recense la situation de plusieurs pays au moment de sa rédaction. La portée de cet avis et ce qu’il conclut pour la France sont détaillés sur l’avis de l’ANSES. Voici ce qu’il indique.
| Pays | Ce que le relevé indique | Source |
|---|---|---|
| France | Aucune dose journalière maximale ; avertissement obligatoire pour les femmes enceintes | ANSES, 2019 |
| Belgique | Maximum 10 mg d’alcaloïdes isoquinoléiques par jour, exprimés en berbérine | ANSES, 2019 |
| Pologne | Même restriction que la Belgique, reprise de la décision belge | ANSES, 2019 |
| Italie | Autorisée ; avertissement précisé pour le phellodendron de l’Amour | ANSES, 2019 |
| Serbie, Slovénie, Grèce | Écorce et racine non autorisées en complément alimentaire | ANSES, 2019 |
| Suède, Hongrie | Inscrites sur une liste négative pour l’usage alimentaire | ANSES, 2019 |
Un même produit peut donc être conforme d’un côté d’une frontière et non conforme de l’autre.
Ce que le chiffre belge recouvre
La règle belge ne porte pas sur la berbérine seule. Elle vise les alcaloïdes isoquinoléiques dans leur ensemble, exprimés en équivalent berbérine.
Cette formulation a une conséquence pratique. Une racine de coptide contient de la berbérine, mais aussi de la coptisine et de la palmatine, qui appartiennent à la même famille chimique. Le calcul belge les additionne.
L’écart avec la France est considérable. D’un côté une valeur chiffrée qui plafonne l’apport quotidien, de l’autre aucune valeur du tout. Les deux pays appliquent pourtant le même droit européen sur les compléments alimentaires.
Liste négative : un statut à part
Une liste négative n’est pas exactement une interdiction. C’est un inventaire de plantes considérées comme non utilisables dans les denrées alimentaires.
La différence compte pour un fabricant : une plante absente de toute liste se trouve dans une zone grise, tandis qu’une plante inscrite sur une liste négative est explicitement écartée. Pour un acheteur, le résultat est le même — le produit ne se trouve pas en rayon.

Pourquoi ces règles diffèrent-elles autant ?
Ces règles diffèrent parce que l’Union européenne n’a jamais harmonisé la liste des plantes utilisables dans les compléments alimentaires. Chaque État membre établit la sienne.
Le principe de reconnaissance mutuelle atténue cet éclatement sans le supprimer. Un produit légalement commercialisé dans un État membre peut, sous conditions, l’être dans un autre. C’est par cette voie que plusieurs plantes à berbérine circulent en France, sans figurer nommément dans la liste nationale. Le fonctionnement de cette liste est détaillé sur réglementation de la berbérine.
Une tentative de rapprochement existe. Le projet Belfrit a produit une liste harmonisée entre la Belgique, la France et l’Italie, qui recense de nombreuses plantes à berbérine. La mention qui les accompagne est instructive : la teneur en alcaloïdes doit être déterminée. Autrement dit, les trois pays s’accordent au moins sur un point — il faut mesurer.
Une autorisation n’est pas une évaluation d’efficacité
Ce point mérite d’être posé sans détour, parce que la confusion revient dans les arguments de vente.
Qu’un pays autorise une plante en complément alimentaire signifie qu’il ne s’oppose pas à sa mise sur le marché. Cela ne veut pas dire qu’une autorité a examiné son efficacité, ni qu’elle a conclu à son innocuité. Un complément alimentaire n’est pas évalué avant sa commercialisation, à la différence d’un médicament.
À ne pas confondre : autorisé et sûr
Un produit autorisé dans un pays permissif n’est pas plus sûr qu’ailleurs. Il est simplement soumis à une règle nationale différente.
L’argument « c’est vendu librement au Canada, donc c’est sans problème » ne tient pas. Le régime canadien des produits de santé naturels repose sur une homologation produit par produit, avec son propre registre public. C’est un système distinct, avec ses propres critères ; il ne valide rien pour le marché européen.
Ce que dit le niveau européen
Au niveau européen, deux éléments s’appliquent partout, quelle que soit la règle nationale sur les plantes.
Le premier concerne les allégations. Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans le registre européen. Cette interdiction vaut dans les vingt-sept États membres, y compris ceux qui autorisent la plante sans plafond de dose.
Le second concerne la sécurité. En janvier 2026, le groupe scientifique de l’EFSA a adopté un projet d’avis sur les préparations végétales contenant de la berbérine. Il conclut qu’aucune dose journalière sûre n’a pu être établie. Ce travail porte sur l’ensemble de l’Union, et son contenu est repris sur l’évaluation de l’EFSA.
Ces deux éléments expliquent pourquoi la comparaison entre pays a des limites. Un pays plus permissif ne dispose pas d’informations rassurantes que les autres ignoreraient. Les groupes de personnes concernés par les mises en garde sont recensés sur sécurité de la berbérine.
Ce qui peut changer, et à quelle échéance
Le cadre décrit ici est daté. Trois évolutions sont en cours ou possibles.
L’avis définitif de l’EFSA remplacera le projet adopté en janvier 2026. S’il confirme l’impossibilité d’établir une dose sûre, les États membres disposeront d’une base commune pour resserrer leurs règles.
La Belgique a aussi remplacé son arrêté de 1997 par un arrêté royal du 31 août 2021. Le relevé de l’ANSES renvoie au texte antérieur ; la valeur de 10 mg doit donc être vérifiée dans les annexes en vigueur avant tout usage professionnel de ce chiffre.
Enfin, la voie du nouvel aliment reste ouverte pour la berbérine isolée, ce qui relève d’un régime distinct de celui des plantes.
Ce que cette page ne dit pas
Cette page décrit des règles administratives. Elle ne dit rien de ce que la berbérine fait dans l’organisme, et elle ne recommande aucun usage.
Elle ne conseille pas non plus d’acheter dans un pays plus permissif. Un achat hors de France transfère la charge de la conformité vers l’acheteur, et les règles d’étiquetage protectrices ne suivent pas nécessairement le colis. Ce que cela implique concrètement figure sur achats en ligne et hors de l’Union.
Aucune des règles citées ne constitue une évaluation d’efficacité. Aucune ne remplace l’avis d’un professionnel de santé.
Le reste du site aborde la molécule elle-même, les plantes qui la contiennent et la façon de lire une étiquette : le sommaire se trouve sur Berbérine.fr.
L’écart labo-flacon, en trois lignes
- Ce que l’étude a mesuré : une molécule purifiée, à une dose connue.
- Ce que le flacon contient : un extrait de plante dont la teneur varie selon l’espèce et le lot.
- Ce qui reste inconnu : la dose journalière sûre, qu’aucune autorité n’a pu établir à ce jour.
Quand demander l’avis d’un professionnel de santé ?
Quatre situations justifient d’en parler à un médecin ou à un pharmacien avant tout usage.
- Vous suivez un traitement médicamenteux, quel qu’il soit.
- Vous êtes enceinte ou vous allaitez.
- Vous êtes diabétique, ou vous avez un trouble hépatique ou cardiaque.
- Vous avez acheté un produit à l’étranger dont l’étiquetage ne porte aucun avertissement.
En cas d’effet indésirable après la prise d’un complément alimentaire, le signalement se fait auprès du dispositif de nutrivigilance de l’ANSES.
Questions fréquentes
La berbérine est-elle interdite dans certains pays européens ? Oui, dans plusieurs. D’après le relevé de l’ANSES publié en 2019, les plantes à berbérine ne sont pas autorisées dans les compléments alimentaires en Serbie, en Slovénie et en Grèce. La Suède et la Hongrie les inscrivent sur une liste négative de plantes destinées à un usage alimentaire.
Quelle est la dose maximale de berbérine en Belgique ? Dix milligrammes par jour. Le relevé de l’ANSES cite la règle belge : la portion journalière recommandée ne doit pas conduire à une ingestion d’alcaloïdes isoquinoléiques, exprimés en berbérine, supérieure à 10 mg. La Pologne applique la même restriction sur la base de la décision belge.
Pourquoi la France n’a-t-elle pas fixé de dose maximale ? Aucune dose journalière maximale n’est définie en France pour les plantes à berbérine. L’étiquetage doit en revanche porter un avertissement déconseillant l’emploi aux femmes enceintes. Au niveau européen, l’EFSA n’a pas pu établir de dose journalière sûre.
Peut-on se fier à une autorisation étrangère ? Non, pas comme preuve. Une autorisation nationale reflète une décision administrative prise à une date donnée, pas une démonstration d’efficacité ou d’innocuité. Les écarts entre pays portent sur les mêmes données scientifiques.
Comment cette page a-t-elle été rédigée ?
- Rédaction : La rédaction de Berbérine.fr
- Relecture : Comité de relecture éditoriale (vérification des sources et de la conformité)
- Dernière vérification : 23 août 2026
- Sources : voir la liste ci-dessous
Sources
- Avis relatif à l’utilisation de plantes à berbérine dans les compléments alimentaires (saisine n° 2018-SA-0095)
ANSESNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Utilisation de plantes à base de berbérine dans les compléments alimentaires
ANSESNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- DRAFT Scientific Opinion on the safety of plant preparations containing berberine (EFSA-Q-2022-00803)
EFSA — Panel on Nutrition, Novel Foods and Food Allergens (NDA)Niveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Les plantes dans les compléments alimentaires
SPF Santé publique, Sécurité de la chaîne alimentaire et Environnement (Belgique)Niveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Arrêté royal du 31 août 2021 relatif à la fabrication et au commerce de denrées alimentaires composées ou contenant des plantes ou préparations de plantes
Moniteur belgeNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans les compléments alimentaires
LégifranceNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- EU Register of nutrition and health claims made on foods
Commission européenne — DG SANTENiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Base de données des produits de santé naturels homologués (LNHPD)
Santé CanadaNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
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