Le mahonia à feuilles de houx, une plante à berbérine
Par La rédaction de Berbérine.fr · Dernière vérification :
Sommaire
À savoir avant de lire. Cette page est informative et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans l’Union européenne, et l’EFSA n’a pas pu établir de dose journalière sûre. Si vous suivez un traitement, si vous êtes enceinte ou diabétique : parlez-en à un professionnel de santé avant tout usage.
Le mahonia à feuilles de houx est un arbuste ornemental courant en Europe, et l’une des plantes qui contiennent de la berbérine. Deux choses le rendent piégeux à lire sur une étiquette : il porte deux noms scientifiques, et sa teneur change d’un ordre de grandeur selon la partie prélevée.
En bref
- Mahonia aquifolium et Berberis aquifolium désignent la même plante.
- Un extrait d’écorce de tige a été mesuré à 2,84 mg de berbérine par gramme.
- La teneur dépend de la partie prélevée, que l’étiquette indique rarement.
Cette page s’appuie sur 8 sources, toutes ouvertes et vérifiées le 20 octobre 2026 ; 8 d’entre elles proviennent d’une autorité publique ou d’une revue à comité de lecture.
Pourquoi cette plante porte-t-elle deux noms ?
Cette plante porte deux noms parce que les botanistes ont longtemps hésité entre deux genres. Le genre Mahonia a été séparé du genre Berberis, puis largement réintégré ; les deux dénominations circulent toujours.
L’ANSES recense l’espèce sous le nom Berberis aquifolium Pursh., en précisant la racine comme partie utilisée. Le nom courant français reste « mahonia à feuilles de houx ». Les deux appellations désignent le même arbuste, de la famille des Berbéridacées.
La conséquence est concrète pour un acheteur. Deux produits dont l’un affiche « Mahonia aquifolium » et l’autre « Berberis aquifolium » ne proposent pas deux plantes différentes.
À ne pas confondre : deux noms et deux plantes
Un nom scientifique différent ne signale pas toujours une espèce différente. C’est même l’inverse qui trompe le plus souvent.
Le repère pratique tient en deux éléments : ce qui distingue réellement deux produits végétaux est l’espèce et la partie prélevée, jamais la graphie du genre. Un vendeur qui précise l’une sans l’autre n’a répondu qu’à la moitié de la question.
Le panorama complet des espèces du groupe, avec leurs teneurs respectives, figure sur plantes à berbérine.
Ce que la double dénomination fait à la recherche
La double dénomination a une conséquence que peu de lecteurs anticipent : elle coupe la littérature en deux.
Un article publié sous le nom Mahonia aquifolium et un article publié sous Berberis aquifolium portent sur la même plante. Une recherche menée sur un seul des deux termes ne remonte pourtant qu’une partie des travaux. Les bases bibliographiques indexent le nom employé par les auteurs, pas l’espèce réelle.
Le même phénomène touche les synthèses. Une méta-analyse qui n’a interrogé qu’une des deux dénominations peut avoir manqué des essais sans que rien ne le signale dans son texte.
Pour un lecteur qui veut vérifier une affirmation, la règle pratique est simple : chercher les deux noms. Une affirmation sourcée sur un seul des deux mérite la même prudence qu’une affirmation sans source.
Combien de berbérine contient-il réellement ?
La teneur mesurée dépend entièrement de ce qu’on analyse. Une étude publiée en 2024 a comparé trois extraits préparés de façon identique, et le mahonia s’y classe deuxième.
| Espèce | Berbérine mesurée |
|---|---|
| Berberis vulgaris | 10,2 mg/g |
| Mahonia aquifolium | 2,84 mg/g |
| Phellodendron amurense | 2,63 mg/g |
Les auteurs résument l’ordre obtenu : B. vulgaris présentait la concentration la plus élevée, suivi du mahonia puis du phellodendron. L’écart avec l’épine-vinette est d’un facteur trois et demi.
Ce classement ne fait pas du mahonia un produit de second rang. Il indique qu’à partie égale et procédé égal, il faut davantage de matière première pour obtenir la même quantité de berbérine. Le profil de l’espèce la plus riche est décrit sur épine-vinette.
L’espèce la moins riche des trois a une particularité réglementaire que les deux autres n’ont pas : c’est la seule inscrite nommément à l’arrêté du 24 juin 2014. Ce que cette inscription implique figure sur phellodendron de l’Amour.
Le détail qui change la lecture du chiffre
Ces extraits ont été préparés à partir d’écorce de tige fraîche, en fragments de 0,5 à 1 cm. Pas à partir de la racine.
Or les monographies retiennent pour la racine de cette espèce une fourchette de 0,5 à 6 %. Les 2,84 mg par gramme de l’étude correspondent à environ 0,28 %, soit en dessous du bas de cette fourchette.
Les deux chiffres ne se contredisent pas : ils ne portent pas sur le même organe de la plante. Une analyse de 2023 sur des Berberis a d’ailleurs montré qu’une empreinte chromatographique suffit à distinguer les espèces et leurs parties.

À ne pas confondre : racine et écorce de tige
Une teneur annoncée sans mention de l’organe prélevé ne veut pas dire grand-chose.
La racine et l’écorce de tige d’un même arbuste donnent des résultats d’un ordre de grandeur différent. Une étiquette qui indique seulement « mahonia » laisse donc la question ouverte, et c’est une question légitime à poser au vendeur. Ce que recouvre exactement cette mention, et pourquoi les listes officielles raisonnent ainsi, est détaillé sur partie utilisée.
Ce que ces chiffres ne garantissent pas
Ces chiffres décrivent des échantillons analysés en laboratoire. Ils ne décrivent pas le contenu d’un flacon acheté en magasin.
Une analyse de huit compléments du marché italien a mesuré des écarts entre teneur déclarée et teneur réelle allant de 0,2 % à 59,7 % selon le produit. Le chiffre imprimé est une annonce, pas une mesure.
S’y ajoute une deuxième limite. La part de berbérine réellement absorbée par l’organisme est très faible : une étude menée chez le rat a mesuré une biodisponibilité orale absolue de 0,68 %. Ce résultat obtenu chez le rat ne se transpose pas à l’être humain, et il ne permet pas de conclure pour un extrait végétal. Ce que les analyses de produits établissent est détaillé sur qualité des compléments à la berbérine.
Quel est son statut en France ?
En France, le mahonia figure parmi les plantes à berbérine recensées par l’ANSES comme utilisables dans les compléments alimentaires. L’agence précise la racine comme partie employée.
Aucune dose journalière maximale n’est fixée pour ces plantes, et aucune allégation de santé n’est autorisée pour la berbérine dans le registre européen. L’EFSA, de son côté, n’a pas pu établir de dose journalière sûre pour les préparations végétales qui en contiennent.
Les mises en garde de l’ANSES valent pour cette espèce comme pour les autres du groupe. Les publics concernés sont détaillés sur sécurité de la berbérine.
Une plante de jardin, et ce que cela implique
Le mahonia est planté comme arbuste d’ornement dans une grande partie de l’Europe. Sa présence au jardin ne suffit pas à en faire une matière première.
Cette page ne décrit aucune récolte ni préparation. L’identification botanique, la partie à prélever et le procédé d’extraction relèvent de compétences spécifiques, et une erreur d’espèce change la composition du produit obtenu.
Ce que cette page ne dit pas
Cette page décrit une plante, ses noms et des teneurs mesurées. Aucun effet n’y est attribué au mahonia, et aucun usage n’y est conseillé.
Elle ne désigne pas une espèce préférable à une autre. Une teneur plus élevée n’est ni un avantage ni un inconvénient : elle est une donnée analytique.
Le sommaire complet du site se trouve sur Berbérine.fr.
L’écart labo-flacon, en trois lignes
- Ce que l’étude a mesuré : un extrait d’écorce de tige fraîche, préparé en laboratoire.
- Ce que le flacon contient : un extrait dont ni l’organe ni la teneur réelle ne sont garantis.
- Ce qui reste inconnu : la dose journalière sûre, qu’aucune autorité n’a pu établir.
Quand demander l’avis d’un professionnel de santé ?
Quatre situations justifient d’en parler à un médecin ou à un pharmacien avant tout usage.
- Vous suivez un traitement médicamenteux, quel qu’il soit.
- Vous êtes enceinte ou vous allaitez.
- Vous êtes diabétique, ou vous avez un trouble hépatique ou cardiaque.
- Vous avez un produit dont l’étiquette ne précise ni l’espèce exacte ni la partie prélevée.
En cas d’effet indésirable après la prise d’un complément alimentaire, le signalement se fait auprès du dispositif de nutrivigilance de l’ANSES.
Questions fréquentes
Mahonia et Berberis aquifolium sont-ils la même plante ? Oui. L’ANSES recense l’espèce sous le nom Berberis aquifolium Pursh., dont le nom courant français est mahonia à feuilles de houx. Deux étiquettes portant l’un ou l’autre nom désignent donc le même arbuste, de la famille des Berbéridacées.
Combien de berbérine contient le mahonia ? Cela dépend de la partie prélevée. Une analyse publiée en 2024 a mesuré 2,84 mg par gramme dans un extrait d’écorce de tige, soit environ 0,28 %. Les monographies retiennent pour la racine une fourchette bien plus large, de 0,5 à 6 %.
Le mahonia est-il plus riche que l’épine-vinette ? Non, selon cette analyse. Dans la même série de mesures, Berberis vulgaris arrivait en tête avec 10,2 mg par gramme, suivi du mahonia à 2,84 mg et du phellodendron à 2,63 mg. Ces valeurs portent sur des extraits d’écorce de tige préparés de façon identique.
Peut-on reconnaître un mahonia au jardin ? C’est un arbuste ornemental courant en Europe, à feuillage persistant et coriace. Cette page ne décrit pas de récolte : l’identification botanique et la préparation relèvent de compétences spécifiques, et une erreur d’espèce change la composition du produit obtenu.
Comment cette page a-t-elle été rédigée ?
- Rédaction : La rédaction de Berbérine.fr
- Relecture : Comité de relecture éditoriale (vérification des sources et de la conformité)
- Dernière vérification : 20 octobre 2026
- Sources : voir la liste ci-dessous
Sources
- Pharmacological potential of three berberine-containing plant extracts from Berberis vulgaris, Mahonia aquifolium and Phellodendron amurense
Biomedicines (MDPI), via PubMed CentralNiveau de preuve B
Publié le · Consulté le
- HPLC-DAD fingerprinting coupled with chemometric analysis can successfully differentiate Indian Berberis species and its plant parts
3 Biotech (Springer), via PubMed CentralNiveau de preuve B
Publié le · Consulté le
- Marcheluzzo S, Faggian M, Zancato M, Peron G. Analysis of monacolins and berberine in food supplements for lipid control
Molecules (MDPI), via PubMed CentralNiveau de preuve B
Publié le · Consulté le
- Bioavailability study of berberine and the enhancing effects of TPGS on intestinal absorption in rats
AAPS PharmSciTech, via PubMed CentralNiveau de preuve B
Publié le · Consulté le
- Avis relatif à l’utilisation de plantes à berbérine dans les compléments alimentaires (saisine n° 2018-SA-0095)
ANSESNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- Utilisation de plantes à base de berbérine dans les compléments alimentaires
ANSESNiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
- DRAFT Scientific Opinion on the safety of plant preparations containing berberine (EFSA-Q-2022-00803)
EFSA — Panel on Nutrition, Novel Foods and Food Allergens (NDA)Niveau de preuve A
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- EU Register of nutrition and health claims made on foods
Commission européenne — DG SANTENiveau de preuve A
Publié le · Consulté le
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